Où pêcher en Centre-Val de Loire
Ici, l'eau ne manque pas. Elle appartient déjà à quelqu'un. La Sologne et la Brenne alignent des milliers d'étangs, en immense majorité privés, pendant que la Loire, et une partie du Cher, de la Vienne et de la Creuse, relève du domaine public fluvial de l'État. La première question à se poser en Centre-Val de Loire porte donc sur le statut du plan d'eau, avant même le milieu ou l'espèce. Le recensement Fishera compte 4 726 spots dans les six départements ; reste à savoir lesquels s'ouvrent avec une carte de pêche.
Mis à jour en septembre 2026 · Par Arthur Fourets
- 4 726 spots recensés dans les six départements, dont plus des deux tiers en Loir-et-Cher, Loiret et Indre.
- La Sologne compte quelque 3 000 étangs : la plus forte densité d'eau dormante de la région, et la plus privée.
- La Loire est domaniale sur toute la traversée de la région : la servitude de marchepied de 3,25 m y garantit le cheminement à pied sur la berge.
- Éguzon (36), 312 ha et jusqu'à 60 m de fond : la seule vraie profondeur d'une région qui n'en a quasiment pas.
- Le canal de Berry est dessiné en entier mais n'est pas en eau partout : plusieurs biefs ne sont plus alimentés.
À qui appartient l'eau : la question qui décide de la journée
Regardez une carte de la région : de l'eau, il y en a partout. Des milliers d'étangs en Sologne et en Brenne, un fleuve qui la traverse d'est en ouest, quatre grandes rivières, trois canaux. Le problème du pêcheur qui arrive ici n'est pas d'en trouver. C'est de savoir laquelle il a le droit de pêcher.
Deux régimes se partagent le Centre-Val de Loire, et ils n'ont rien à voir. D'un côté l'eau close : les étangs solognots et brennous sont pour l'essentiel des propriétés privées, où la carte de pêche ne donne aucun droit — seule compte l'autorisation du propriétaire. De l'autre l'eau domaniale : la Loire sur toute la traversée de la région, le Cher, la Vienne et la Creuse sur une partie de leur cours, appartiennent à l'État. Là, le droit de pêche est loué par lots, l'arrêté préfectoral fixe les réserves, et la servitude de marchepied de 3,25 m interdit au riverain de clôturer le passage le long de la berge. Entre les deux, les canaux, les parcours d'AAPPMA et les plans d'eau communaux, qui s'ouvrent avec une carte.
D'où l'ordre des questions, ici, avant de charger la voiture : d'abord le statut du plan d'eau, ensuite le milieu, ensuite l'espèce. Ailleurs on arbitre entre une rivière et un lac ; en Sologne, deux étangs qui se ressemblent à cinquante mètres près peuvent être l'un ouvert à la journée et l'autre parfaitement interdit.
Dernier trait, qui vaut pour toute la région : le relief est quasi nul. À part la retenue d'Éguzon, dans l'Indre, le Centre-Val de Loire n'a quasiment pas de grande profondeur : quelques gravières du Loiret, quelques fosses de Loire, et c'est à peu près tout. Les pêches qui réclament une couche d'eau sous le bateau n'ont ici presque aucune adresse.
Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.
Ces cinq ensembles ne se classent pas du meilleur au moins bon. Ils se distinguent d'abord par la façon dont on y entre : autorisation du propriétaire pour l'eau close, arrêté préfectoral et lots pour l'eau domaniale, carte de pêche et parcours d'AAPPMA pour le reste. Changer de monde, ici, c'est changer de démarche autant que de technique.
Ils ne se superposent pas non plus aux départements. Le Loir-et-Cher porte les trois premiers à lui seul ; l'Indre tient la Brenne et Éguzon, qui n'ont rien en commun ; l'Eure-et-Loir n'a ni fleuve domanial, ni canal, ni grande retenue.
Romorantin : le point le plus chargé de la carte, et le plus verrouillé
Dans un rayon de 30 km autour de Romorantin-Lanthenay, sous-préfecture posée au milieu de la Sologne, le recensement relève 820 spots. C'est le premier rayon urbain de la région, loin devant Orléans (537), Blois (397), Tours (386) et Bourges (133). Précision qui compte : un rayon n'est pas un département. Celui-ci déborde sur le Loiret, le Cher et l'Indre-et-Loire, il chevauche les rayons voisins, et il ne se compare donc pas terme à terme avec les 560 spots du Cher. Il reste que le point le plus chargé de la carte régionale se trouve là, en plein plateau d'étangs, et pas dans une vallée.
C'est aussi l'endroit où l'on entre le moins facilement. La Sologne compte quelque 3 000 étangs, et la grande majorité sont des propriétés privées en eau close. Un pêcheur qui débarque à Romorantin avec sa carte de pêche et la carte des spots ouverte sur son téléphone a devant lui la plus forte concentration d'eau de la région, dont une part réduite lui est réellement ouverte.
Ce décalage dit la région mieux qu'un total. Densité affichée et disponibilité réelle n'y varient pas dans le même sens : c'est en Sologne qu'il y a le plus d'eau, et c'est là qu'il faut préparer le plus.
De 1 176 à 290 spots : ce que compte vraiment le classement
Le classement des six départements par nombre de spots recensés, du Loir-et-Cher à l'Eure-et-Loir.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.
Le tableau se lit en deux blocs plutôt qu'en six rangs. Loir-et-Cher (1 176), Loiret (1 040) et Indre (1 023) se tiennent en 153 spots et pèsent ensemble près de sept spots sur dix des 4 726 de la région. Puis la marche descend d'un coup : Indre-et-Loire 637, Cher 560, Eure-et-Loir 290. Attention toutefois, ce trio de tête recouvre trois pêches sans rapport entre elles.
Ce que le compteur enregistre ici, c'est le cadastre. Trois mille étangs solognots, ce sont trois mille parcelles avec chacune son propriétaire, donc trois mille entrées possibles dans un catalogue. La Loire, elle, n'a qu'un seul propriétaire, l'État, sur toute la traversée de la région, et une poignée d'entrées pour des centaines de kilomètres de berge. Un département qui compte peu est souvent un département dont l'eau appartient à une seule personne.
D'où un classement presque retourné par rapport à ce qui se pêche un dimanche matin sans avoir rien demandé à personne : le haut du tableau concentre l'eau la plus privée, le bas concentre l'eau publique. L'Indre-et-Loire et le Cher sont d'abord faits de rivières et de canaux, la Loire, le Cher, la Vienne, l'Indre, le canal de Berry, quelques points pour des dizaines de kilomètres parcourables. Quant à l'Eure-et-Loir, sa dernière place ne signale aucune sécheresse : la nappe de Beauce est l'un des grands réservoirs souterrains de France, mais un réservoir souterrain n'entre dans aucun catalogue de spots.
Les 6 guides départementaux
Six départements, six pêches différentes. Chaque guide départemental détaille les secteurs, les espèces recensées et ce qu'il faut vérifier sur place.
- Loir-et-Cher 41 1 176
- Loiret 45 1 040
- Indre 36 1 023
- Indre-et-Loire 37 637
- Cher 18 560
- Eure-et-Loir 28 290
Les trois premiers ne se ressemblent pas : le Loir-et-Cher est un pays d'étangs privés traversé par deux grandes rivières, le Loiret un pays de Loire et de canaux, l'Indre un pays de Brenne avec une seule grande retenue.
Les 2 pays de la région
Un département est un découpage de préfecture ; un pays est une unité de paysage, et c'est le nom que les pêcheurs emploient réellement entre eux. Ces secteurs-là ignorent les frontières qu'on vient de lister : certains tiennent dans un coin de département, d'autres se partagent entre trois.
- La Sologne 1 408
- La Brenne 675
Les guides par ville
Voici les principales villes de la région et de ses marges, avec le nombre de spots recensés dans un rayon de 30 km. Ces rayons se chevauchent et franchissent les limites départementales : ils ne s'additionnent pas.
- Romorantin-Lanthenay 820
- Orléans 537
- Blois 397
- Tours 386
- Montargis 362
- Montluçon 237
- Nevers 236
- Mans 163
- Bourges 133
- Chartres
- Châteauroux
Ces nombres ne s'additionnent pas : les rayons se recouvrent et débordent sur les départements voisins.
Choisir selon ce que vous cherchez
De la profondeur, du sondeur, de la pêche verticale : le lac d'Éguzon (36). C'est la seule grande retenue profonde de la région : 312 hectares sur la Creuse, jusqu'à 60 mètres de fond. Partout ailleurs, le Centre-Val de Loire n'offre quasiment pas de couche d'eau : quelques gravières, quelques fosses de Loire. Si votre pêche commence par un écran de sondeur, elle n'a ici qu'une seule adresse. Gardez en tête qu'il s'agit d'une retenue hydroélectrique : le plan d'eau marne, et un poste repéré à la cote haute peut être hors d'eau la fois suivante.
Pêcher sans avoir à demander l'autorisation d'un propriétaire : les berges de Loire, et les parties domaniales du Cher, de la Vienne et de la Creuse (45, 41, 37, 36). Ces cours d'eau relèvent du domaine public fluvial : la Loire sur toute la traversée de la région, les autres sur une partie de leur cours seulement. La servitude de marchepied de 3,25 m interdit au riverain de clôturer le passage le long de la berge, donc on chemine et on prospecte à pied. C'est l'inverse exact de l'étang solognot. Le droit de pêche, lui, est découpé en lots et l'arrêté départemental fixe les réserves : c'est le secteur qui se vérifie avant de partir, pas l'accès à la berge.
Un poste confortable et régulier, accessible à pied avec du matériel, Les canaux du Loiret, Briare, Orléans, Loing (45). Profondeur constante, fond propre, chemin de halage continu, stationnement facile : c'est le milieu régional où l'on peut poser une station sans repérage préalable. Gardon, brème, tanche et perche au coup, du brochet dans les élargissements et près des ouvrages. Le canal de Berry (18, 41) offre le même profil, avec une réserve de taille : plusieurs biefs ne sont plus alimentés.
Plusieurs jours sur place, l'étang et la carpe : la Sologne (41) et la Brenne (36). C'est la plus forte concentration d'eau dormante de la région et le seul secteur où l'on pêche vraiment en séjour. Visez d'emblée les parcours fédéraux, les plans d'eau communaux ou les domaines commerciaux : l'essentiel des étangs sont privés et fermés. En Brenne s'ajoutent un parc naturel régional et des réserves naturelles, où la tranquillité des oiseaux passe avant l'accès aux berges. Écrire et réserver avant de rouler évite quatre heures de route pour rien.
De l'eau vive, fraîche, un peu de courant : Le Perche et les vallées de l'Eure et du Loir (28). C'est le seul endroit de la région où le relief entaille franchement le plateau, donc le seul secteur à têtes de bassin, avec de la fario. Le Perche est aussi le vrai réservoir d'étangs de l'Eure-et-Loir. Ailleurs, le Centre-Val de Loire est un pays de cyprinidés et de carnassiers de plaine : arriver avec l'idée de couvrir la région à la mouche, c'est se tromper de destination.
Eaux closes, lots domaniaux, biefs à sec : à vérifier avant de partir
Réciprocité. Les départements de la région relèvent du groupement réciprocitaire EHGO : en pratique, une carte majeure réciprocitaire permet de circuler d'un département à l'autre sans vignette supplémentaire, ce qui est confortable quand on pêche à cheval sur deux préfectures. Deux nuances valent la vérification : l'adhésion se confirme pour l'année en cours, et à l'intérieur d'un département réciprocitaire certaines AAPPMA ne le sont pas. C'est l'AAPPMA du parcours visé qu'il faut regarder, pas seulement le département. Le détail des cartes et des vignettes est expliqué dans notre guide carte de pêche.
Eau close ou eau libre. C'est le point propre à cette région, et celui qui coûte le plus cher quand on se trompe. En Sologne et en Brenne, l'essentiel des étangs sont des propriétés privées en eau close : la carte de pêche n'y donne aucun droit, seule l'autorisation du propriétaire compte, et la présence ou l'absence de clôture ne change rien à l'affaire. Avant de partir, assurez-vous que le plan d'eau visé figure bien parmi les parcours fédéraux, communaux ou commerciaux. En Brenne s'ajoutent le parc naturel régional et des réserves naturelles, où l'accès aux berges est encadré pour l'avifaune.
Domaine public fluvial. La Loire est domaniale sur toute la traversée de la région ; le Cher, la Vienne et la Creuse le sont sur une partie de leur cours. La servitude de marchepied de 3,25 m garantit le cheminement à pied le long de la berge : c'est un droit de passage, pas un droit de pêche. Le droit de pêche, lui, est découpé en lots, et l'arrêté préfectoral de chaque département fixe les réserves et les interdictions, parfois pour plusieurs années. C'est l'arrêté en cours qu'il faut consulter, département par département, car la Loire en traverse trois.
L'eau n'est pas toujours là où la carte la dessine. Le canal de Berry est tracé en entier sur les cartes alors qu'il n'est en eau que par tronçons : l'alimentation est coupée sur plusieurs biefs, et les épisodes de sécheresse ont déjà provoqué des mortalités de poissons sur des portions maintenues. Vérifiez l'état du bief, pas le tracé. Même prudence à Éguzon, retenue hydroélectrique et non lac naturel : le marnage peut mettre à sec un poste repéré à la cote haute.
Voir les 4 726 spots sur la carte : la carte Fishera affiche les spots recensés du Centre-Val de Loire avec les espèces relevées, le type de milieu et les accès connus. Elle sert surtout, ici, à repérer les parcours ouverts au milieu de la masse d'étangs privés, et à préparer une berge de Loire ou un bief de canal avant de rouler.
Ouvrir la carteQuestions fréquentes
Faut-il une carte de pêche pour les étangs de Sologne ?
Sur un étang privé en eau close, la carte de pêche ne sert à rien : c'est l'accord du propriétaire qui fait foi, et mieux vaut l'avoir par écrit. La carte vous ouvre les eaux libres, les parcours d'AAPPMA et les plans d'eau gérés par une association ou une commune. Ces parcours existent en Sologne, mais ils sont minoritaires au milieu de la masse d'étangs privés : il faut les repérer avant de partir, pas une fois sur place.
Le Cher, c'est le département ou la rivière ?
Les deux, et ils ne se recouvrent pas. La rivière Cher coule surtout en Loir-et-Cher et en Indre-et-Loire, où elle est domaniale sur une partie de son cours ; le département du Cher (18) est un département de confluences, avec le canal de Berry et les rivières de plaine autour de Bourges. Même piège avec l'Indre, rivière et département, et avec le Loir, qui n'est pas la Loire.
Où trouver de la profondeur en Centre-Val de Loire ?
À Éguzon (36), essentiellement : 312 hectares sur la Creuse et jusqu'à 60 mètres de fond. Ailleurs la région n'a quasiment pas de profondeur : quelques gravières du Loiret, quelques fosses de Loire à l'étiage. Les pêches verticales et les longues prospections au sondeur n'ont donc qu'une vraie destination régionale.
Peut-on pêcher les berges de Loire partout ?
On peut y cheminer à pied presque partout : la servitude de marchepied de 3,25 m interdit au riverain de clôturer la berge d'un cours d'eau domanial. Pêcher est une autre question. Le droit de pêche est loué par lots et l'arrêté préfectoral fixe des réserves, y compris permanentes. La règle pratique : le passage est acquis, le secteur se vérifie.
La Beauce est-elle vraiment vide pour un pêcheur ?
En surface, il y a peu de choses : le plateau est cultivé et l'eau est en dessous, dans la nappe de Beauce, l'un des plus grands réservoirs souterrains français. Tout se joue dans les entailles, les vallées de l'Eure et du Loir, et dans le Perche, qui concentre les étangs du département. Les 290 spots de l'Eure-et-Loir sont pour l'essentiel là, avec les ballastières et plans d'eau de proximité autour de Chartres.
Est-ce une région à truite ?
Marginalement. Le Perche et les têtes de bassin d'Eure-et-Loir donnent de la fario, et quelques petites rivières ailleurs en tiennent. Mais le Centre-Val de Loire est d'abord un pays de cyprinidés et de carnassiers de plaine : gardon, brème, carpe, tanche, brochet, sandre, perche, et du silure sur la Loire. Venir avec la seule canne à mouche pour couvrir la région, c'est repartir déçu.
Une seule carte suffit-elle pour pêcher dans plusieurs départements de la région ?
En principe oui, avec une carte majeure réciprocitaire : les départements de la région relèvent du même groupement, l'EHGO, ce qui évite les vignettes départementales supplémentaires. Vérifiez tout de même deux choses pour l'année en cours, l'adhésion de votre fédération et celle de l'AAPPMA qui gère le parcours, car certaines restent hors réciprocité.
Quel département choisir pour un premier week-end ?
Le Loiret pour la variété sans repérage compliqué : la Loire orléanaise, trois canaux avec halage et stationnement, les étangs du Gâtinais et de la forêt d'Orléans. L'Indre pour le contraste entre la Brenne et Éguzon. Le Loir-et-Cher si vous avez déjà un accès à un étang de Sologne ; sinon, visez-y d'abord la Loire, le Cher et le Beuvron.
À lire ensuite
Où pêcher en France · Loir-et-Cher (41) · Loiret (45) · Près de Romorantin-Lanthenay · Faut-il une carte de pêche ?
Le statut se prépare, le reste vient tout seul
En Centre-Val de Loire, la sortie se joue autant sur le statut du plan d'eau que sur la météo. Ouvrez la carte, retenez trois options, un parcours d'AAPPMA, une berge domaniale, un bief de canal en eau, et passez un œil sur l'arrêté du département avant de partir. Une fois ce point réglé, la région donne facilement : elle est plate, roulante, et pleine de poisson de plaine.
Ouvrir la carteIl a rassemblé les 43 559 spots de pêche de France métropolitaine dans une seule carte, et écrit les guides qui vont avec.