Un département de vergers, de pruniers et de coteaux irrigués, traversé par une Garonne devenue large et navigable. Résultat sur le terrain : 260 spots répertoriés, dominés non par les rivières mais par une profusion de plans d'eau, héritage direct de l'agriculture locale.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Le déséquilibre saute aux yeux dès qu'on trie les 260 fiches par type d'eau. D'un côté 122 étangs et lacs et 36 étangs privés payants, soit 158 plans d'eau. De l'autre, deux fiches seulement portées comme rivière ou fleuve. Le département recense donc soixante-dix-neuf fois plus d'eau close que d'eau courante.
L'explication est agricole. Ici on cultive le pruneau, la fraise, la noisette, le verger et le maraîchage — des productions qui boivent en été, quand les coteaux ne donnent plus rien. La réponse a été de barrer les vallons secs par des digues en terre pour stocker l'eau d'hiver : des retenues collinaires, par centaines. Beaucoup restent des ouvrages purement techniques, mais une part notable a été empoissonnée, aménagée, confiée à une association ou exploitée en accès payant.
La conséquence pratique est celle-ci : dans le 47, l'eau la plus proche de chez soi est presque toujours un plan d'eau, rarement une berge de rivière. Et la proportion d'étangs payants — 36 sur 260 — est assez élevée pour qu'il faille vérifier le statut d'un site avant de s'y rendre avec une simple carte de pêche.
Le fleuve entre dans le département en venant du sud-est et le quitte largement ouvert. À Aiguillon, il reçoit le Lot, qui a traversé tout le nord du département par Castelmoron-sur-Lot. Ce point de jonction marque un basculement : au-delà, la Garonne s'élargit encore, ralentit, et descend vers Le Mas-d'Agenais, Marmande et Beaupuy sur un cours de plaine profond.
Cette Garonne-là se pêche comme une grande eau : peu de postes, mais des postes lourds. Les extérieurs de courbe où le fond décroche, les têtes et queues d'îles, les bois morts accrochés en berge, les enrochements de protection, les débouchés d'affluents et de fossés de drainage. Un fleuve de cette taille impose aussi une discipline d'accès — berge haute, sol meuble après les crues, et niveau qui peut monter vite sans pluie locale.
Le grand axe reste par ailleurs un couloir de migration jusqu'à l'océan. Anguille et aloses y circulent ; ces poissons font l'objet de mesures de protection, ils ne constituent en aucun cas une cible, et toute rencontre imprévue se solde par une remise à l'eau immédiate et sans manipulation.
Repérer une berge avant de s'y engager — chaque fiche indique le type d'eau, les espèces remontées et la façon d'accéder au poste. Utile sur un fleuve où l'on peut rouler vingt minutes pour tomber sur une berge fermée.
Ouvrir la carte du 47Avec 52 spots en canal, la voie d'eau pèse ici un cinquième des fiches du département. Le canal latéral à la Garonne traverse le 47 dans toute sa diagonale, depuis la limite tarn-et-garonnaise jusqu'aux portes du Bordelais, en frôlant Le Passage et Agen — où il franchit le fleuve sur un pont-canal de pierre de plusieurs centaines de mètres — puis Damazan, Villeton, Le Mas-d'Agenais et le pays marmandais.
Un canal a ceci de commode qu'il est identique sur des kilomètres : même largeur, même profondeur, même berge. Cette monotonie est en réalité une aide, parce qu'elle transforme la moindre singularité en poste évident. Un pont, une écluse, un embarcadère, un élargissement, un arbre couché, une bordure d'herbiers : voilà les seuls endroits qui méritent qu'on s'arrête. Le chemin de halage, plat et continu, permet de les enchaîner à pied ou à vélo dans la même sortie.
À l'écart de cet axe, deux rivières donnent un tout autre registre. La Baïse monte depuis la Garonne vers Vianne, Lavardac, Nérac et Moncrabeau, canalisée et navigable sur une partie de son cours, bordée d'arbres et de biefs calmes. Le Dropt, tout au nord, est son opposé : une rivière étroite, discrète, encaissée dans son vallon, qui se pêche presque à la dérobée.
Le reste du département est un semis de retenues, réparti sur trois pays qui n'ont pas le même visage. Autour d'Agen et sur les coteaux du Pays de Serres — ces plateaux calcaires découpés en lanières par des vallées parallèles — on trouve le lac de Bajamont, le lac de Passeligne, le lac de Néguenou, le lac de Terme Gros ou le lac du Saut du Loup.
Au nord, dans le Villeneuvois et le Fumélois, la série continue avec le lac du Brayssou, le lac des Graoussettes, le lac de Lougratte, le lac de Tombebeuf, le lac de Cancon et le lac de Moulinet. Côté sud-ouest, le Néracais ajoute le lac de Damazan, le lac de Lambronne, le lac de l'Escourrou ou le lac de Villeneuve-de-Mézin.
Ces retenues partagent une architecture commune, dictée par leur fonction d'origine : une digue avec la plus grande profondeur juste devant, un corps de lac aux berges en pente douce, et une queue peu profonde, envasée et souvent envahie de végétation là où le ruisseau alimentaire arrive. Trois zones, trois pêches, sur une seule et même eau. À noter aussi la réserve naturelle de l'étang de la Mazière, à Villeton : un site protégé, cité dans les données pour son intérêt naturaliste, dont l'accès obéit à des règles de réserve et non à celles d'un plan d'eau ordinaire.
Suivre ce que fait le fleuve — hauteurs d'eau relevées en temps réel sur les stations du bassin. En Lot-et-Garonne, la Garonne encaisse tout ce qui tombe très en amont : elle peut se charger alors qu'il n'a pas plu une goutte sur le département.
Consulter les niveaux d'eau| Espèce | Spots concernés | Où la chercher |
|---|---|---|
| Brochet | 63 | queues de retenue, bordures d'herbiers, biefs larges |
| Gardon | 62 | canal latéral, lacs communaux de coteau |
| Perche | 58 | pieds d'écluse, pontons, enrochements du fleuve |
| Brème | 51 | fonds plats du canal, larges de lac |
| Carpe | 45 | fosses de digue, retenues profondes du Villeneuvois |
| Sandre | 9 | cassures de la Garonne aval, grandes retenues |
| Tanche | 6 | queues vaseuses et végétalisées des lacs de vallon |
| Truite | 3 | quelques secteurs isolés, hors des vallées principales |
Le tableau se lit surtout par son sommet plat : quatre espèces entre 51 et 63 spots, sans dominante nette. Ce tassement traduit l'uniformité des milieux — partout la même eau lente, close ou canalisée. Le silure, lui, n'apparaît sur aucune fiche du 47 alors que la Garonne aval lui offre tout ce qu'il aime : c'est un manque de remontées, pas un constat d'absence. Un seul spot signale par ailleurs le black-bass.
Le détail espèce par espèce — comment identifier le poisson, ce qu'il fait selon la saison, les postes où il se tient et les approches qui marchent.
Consulter les fiches espècesCaler l'heure de sortie — prévision du ciel, pression, vent et lune sur le spot choisi, avec un indice d'activité par espèce pour décider entre le matin et la fin de journée.
Voir les conditionsEn eau libre — Garonne, Lot, Baïse, Dropt, affluents, canal latéral, plans d'eau communaux — la carte de pêche est requise, prise auprès d'une AAPPMA du Lot-et-Garonne ou en ligne. Les périodes, les tailles, les quotas et les modes de pêche autorisés varient selon la catégorie de l'eau et relèvent de l'arrêté préfectoral en vigueur en Lot-et-Garonne, seule référence à jour.
Trois précautions valent particulièrement ici. Les 36 étangs privés payants recensés ne relèvent pas de ce cadre : on y entre en payant un droit d'accès et on y applique le règlement de l'exploitant. Beaucoup de retenues collinaires visibles depuis la route appartiennent en réalité à un propriétaire agricole et ne sont pas ouvertes : l'absence de clôture ne vaut jamais autorisation. Enfin, sur le canal et sur les parties navigables de la Baïse, le gestionnaire de la voie d'eau impose ses propres consignes autour des écluses, des haltes nautiques et des ouvrages.
Les données comptent 122 étangs et lacs plus 36 étangs privés payants, soit 158 plans d'eau sur 260 fiches. C'est un héritage agricole : un département de vergers et de cultures irriguées a multiplié les retenues collinaires pour stocker l'eau d'hiver, et une partie d'entre elles a fini empoissonnée et ouverte à la pêche.
À hauteur d'Aiguillon, après une traversée du nord du département passant par Castelmoron-sur-Lot. En aval, la Garonne est nettement plus large et plus lente, sur un cours navigable qui file vers Le Mas-d'Agenais, Marmande et la Gironde.
Le brochet (63 spots), mais de très peu : gardon 62, perche 58, brème 51. Quatre espèces au coude à coude, signe que le même type d'eau — plan d'eau calme et bief de canal — se répète d'un bout à l'autre du département.
Ce sont des eaux libres, donc soumises à la carte de pêche et aux règles de l'AAPPMA gestionnaire ainsi qu'à l'arrêté préfectoral en vigueur. La Baïse remonte vers Vianne, Lavardac, Nérac et Moncrabeau sur une partie canalisée et navigable ; le Dropt, au nord, coule dans un vallon bien plus étroit.
3 spots seulement sur 260 portent un signalement de truite, contre 63 pour le brochet. Le relief du département, fait de coteaux doux et de vallées larges, ne produit guère d'eaux vives et froides. Les conditions de ces quelques secteurs se vérifient auprès de l'AAPPMA concernée.
Les 260 spots sont sur la carte, du pont-canal d'Agen aux retenues du Pays de Serres, avec les espèces remontées, les accès et les conditions en direct. Gratuit, sans carte bancaire.
Ouvrir la carte du Lot-et-Garonne