Un des plus vastes étangs de France, une région entière tapissée de plans d'eau, un fleuve élargi pour les péniches, et des dizaines de bassins nés d'un passé minier et industriel : la Moselle propose des pêches qui n'ont presque rien en commun. 607 spots y sont répertoriés, dont 438 étangs et lacs.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Dans la plupart des départements, le poisson blanc domine largement le décompte des espèces signalées. En Moselle, l'ordre est inversé : le brochet arrive en tête avec 131 spots, devant la carpe (123) et le gardon (122). Ce n'est pas un hasard statistique mais la signature d'un territoire d'étangs peu profonds, chauds l'été, bordés de roselières et riches en proies — exactement le milieu qui fabrique du carnassier embusqué. La perche et la tanche suivent à égalité (71 spots chacune), ce qui en dit long sur la nature vaseuse et végétalisée de ces plans d'eau.
Au sud-est du département s'étend une mosaïque de plans d'eau creusés ou aménagés au fil des siècles, souvent pour la pisciculture. Le plus imposant est l'étang de Lindre, sur la commune de Rhodes : un domaine appartenant au Département, exploité en élevage extensif et suivi pour son avifaune. C'est l'un des plus grands étangs de France, et sa gestion mêle production piscicole et protection des milieux — ce qui explique un accès encadré.
Autour, la liste s'allonge : Gondrexange, Mittersheim, Réchicourt-le-Château, Loudrefing, Maizières-lès-Vic figurent parmi les communes les mieux dotées, et le recensement fourmille de noms modestes — Étang d'Ommeray, Étang de Hattigny, Étang de Foulcrey, Étang de Moussey, Neuf Étang, Étang de Holacourt. Le point commun : peu de profondeur, un fond meuble, une eau qui se réchauffe vite. La conséquence pratique aussi : ces étangs démarrent tôt au printemps et s'endorment quand la canicule s'installe.
Sur les 607 spots, 46 sont des étangs privés payants. Droit d'entrée, quota, horaires et règlement leur sont propres — la formule la plus directe pour une première sortie sans démarche compliquée.
Les conditions du moment, spot par spot — vent, pression, température et lune, avec un indice d'activité calculé par espèce.
Voir les conditionsAu nord-ouest, le paysage change de nature. La Moselle traverse le département sous une forme entièrement aménagée pour la navigation commerciale : chenal creusé, écluses de grand gabarit, berges maçonnées par endroits, niveaux tenus par les ouvrages. On y pêche du gros volume d'eau, avec les codes des rivières navigables — chercher les ruptures plutôt que les jolis postes, exploiter les darses, les confluences, les zones d'attente à péniches. C'est là que se concentrent le sandre (23 spots) et le silure (4 spots), deux espèces qui s'accommodent parfaitement d'une eau profonde et troublée par le trafic.
Metz, Thionville et Guénange comptent parmi les communes les mieux pourvues du recensement : la vallée concentre les habitants et, avec eux, les plans d'eau de proximité.
Plus à l'est, la Sarre descend vers Sarreguemines dans un registre très différent : cours plus modeste, alternance de plats et de courants, ambiance de rivière habitée. Le canal des Houillères la double et rejoint le réseau qui irrigue tout le sud du département, en compagnie du canal de la Marne au Rhin. Ces axes pèsent lourd dans les 52 spots de canal comptabilisés : profondeur constante, chemin de halage praticable, poisson blanc présent toute l'année et brochets postés aux abords des ouvrages.
C'est la particularité mosellane que l'on ne devine pas sur une carte. Une part notable des plans d'eau du département ne vient ni de la nature ni de la pisciculture, mais de l'activité humaine : extraction de granulats en fond de vallée, affaissements liés à l'exploitation du charbon et du fer, bassins créés ou reconvertis autour des sites industriels. Le lac du Mirgenbach, retenue technique devenue plan d'eau fréquenté, en est l'exemple le plus connu.
Ces eaux-là n'ont pas grand-chose à voir avec les étangs du Saulnois. Elles sont souvent profondes, à berges franches et à eau claire, parfois avec une pente qui plonge dès le bord. Le poisson n'y stationne pas dans les herbiers mais le long des cassures, et il se déplace. Deux conséquences très concrètes : amorcer lourdement sert rarement à grand-chose, et la lecture du relief immergé vaut plus que n'importe quel appât.
Les cartes de profondeur — visualiser les fosses, les plateaux et les ruptures de pente avant de choisir son poste sur une gravière ou une retenue.
Voir les profondeurs| Espèce | Spots concernés | Où la chercher |
|---|---|---|
| Brochet | 131 | étangs du Saulnois, bordures de canal |
| Carpe | 123 | grands étangs, retenues profondes |
| Gardon | 122 | canaux, étangs, bras de la Moselle |
| Perche | 71 | gravières, abords d'écluses |
| Tanche | 71 | étangs peu profonds, fonds vaseux |
| Brème | 48 | biefs, grands plans d'eau |
| Sandre | 23 | Moselle navigable, darses |
| Silure | 4 | fosses de l'axe fluvial |
Le recensement porte avant tout sur les plans d'eau et les grands axes : les petits cours d'eau de tête de bassin, notamment ceux qui descendent des Vosges du Nord vers Baerenthal ou Sturzelbronn, y sont beaucoup moins représentés qu'ils ne le sont sur le terrain.
Une fiche par espèce — l'identifier sans hésiter, comprendre où et quand elle se nourrit, adapter la technique.
Consulter les fiches espècesLe niveau des rivières en direct — hauteur et débit relevés par les stations officielles, pour juger de l'état de la Sarre ou de la Moselle avant de partir.
Consulter les niveaux d'eauLes fondamentaux ne changent pas : pêcher en eau libre suppose une carte de pêche valide, prise auprès d'une AAPPMA ou en ligne, et le respect de l'arrêté préfectoral en vigueur pour le département, qui fixe les périodes et les modalités et évolue d'une année sur l'autre. La Moselle ajoute cependant une singularité : avec les deux départements alsaciens, elle conserve un régime juridique propre, hérité de la période où le territoire ne relevait pas du droit français commun. Concrètement, cela peut changer la façon dont le droit de pêche est détenu et loué sur certains lots, et donc les conditions d'accès d'un secteur à l'autre. Le réflexe utile : interroger la fédération départementale ou l'AAPPMA gestionnaire avant de s'engager sur un parcours inconnu. Les 46 étangs privés payants et les domaines à gestion particulière, comme celui de Lindre, obéissent quant à eux à leurs propres règles.
Le Saulnois et son chapelet d'étangs concentrent l'essentiel de l'offre : Lindre, Gondrexange, Mittersheim, Réchicourt. Sur les 607 spots recensés dans le département, 438 sont des étangs ou des lacs.
L'étang de Lindre est un domaine départemental exploité en pisciculture extensive et classé pour sa richesse en oiseaux. L'accès à la pêche y est encadré et ne se décide pas sur place : renseignez-vous auprès du gestionnaire du domaine et de l'AAPPMA locale avant de prévoir une sortie.
Sur les axes navigables. La Moselle canalisée, avec ses profondeurs de gros gabarit, ses écluses et ses darses, ainsi que les biefs de canal, portent l'essentiel des 23 spots à sandre et des 4 spots à silure recensés.
Oui, en partie. La Moselle fait partie des trois départements où subsiste un droit local hérité de l'histoire de la région, qui modifie l'organisation du droit de pêche sur certains lots. Vérifiez donc auprès de la fédération départementale ou de l'AAPPMA du secteur, et lisez l'arrêté préfectoral en vigueur.
Les deux villes sont posées sur la Moselle canalisée : bras secondaires, plans d'eau de bord de vallée et anciennes gravières sont accessibles en quelques minutes. Guénange, entre les deux, figure aussi parmi les communes les mieux pourvues du département.
Les 607 spots sont sur la carte, avec les espèces, les conditions et les accès. Gratuit, sans carte bancaire.
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