180 spots dans un cercle de 30 km : 158 posés à terre, 22 en pleine eau, sur deux départements. Mais le sujet de ce rayon n'est ni le nombre ni la carte administrative — c'est une amplitude de marée que rien n'égale en Europe, et qui décide de tout le reste.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Le marnage — l'écart entre basse et pleine mer — dépasse douze mètres en vive-eau dans la baie du Mont-Saint-Michel voisine. C'est le plus fort d'Europe, et pas un trophée touristique : c'est le paramètre qui organise la pêche du bord sur toute cette côte.
Trois conséquences, dans l'ordre où on les rencontre.
C'est la façon locale de lire une côte. L'estran s'étage, et chaque étage a son horaire : le même rocher est successivement à sec, dans le déferlement, puis sous plusieurs mètres d'eau. Un poste se définit donc par le couple « endroit + hauteur d'eau », et il n'y a rien à espérer d'un bon poste abordé au mauvais moment du cycle.
Le coefficient cesse du coup d'être une mesure d'activité : il décide de ce qui est atteignable. Le bas de l'estran, qui ne voit l'air que quelques jours par mois, n'existe que sur les fortes marées et se referme avec la même brutalité. Les îlots du pied des remparts l'illustrent : le Grand Bé et le Petit Bé se rejoignent à pied quand la mer est basse, puis redeviennent des îles. Le chemin d'accès disparaît toujours en premier.
L'heure d'eau du point visé — pleines et basses mers, coefficient, fenêtres de courant. Ici, la première information n'est pas l'heure de la basse mer : c'est celle à laquelle il faut avoir quitté le poste.
Ouvrir l'outil maréesCette côte est la plus exigeante de cette série de guides, et pas parce que la mer y serait plus grosse. Trois mécanismes s'additionnent.
La vitesse. Sur un estran presque horizontal, quelques dizaines de centimètres de hauteur suffisent à faire avancer la mer très loin. Elle ne monte pas devant vous, elle avance vers vous, et la marge dont on croit disposer se compte en minutes.
La géométrie. Le flot n'arrive pas de face : il emprunte les chenaux, les sillons et les dépressions, contourne les hauts-fonds et les remplit par l'arrière. Le banc où vous pêchez devient une île avant d'être couvert, et cette île n'est pas un abri. On ne devance pas cette eau à la course, encore moins sur un fond mou.
Le brouillard. Fréquent ici, il tombe en quelques minutes et efface les amers. Privé de repère, on part dans la mauvaise direction — la pire étant celle du large, qui ressemble à toutes les autres.
Le rayon contient une singularité mondiale, répertoriée dès 3,8 km : l'usine marémotrice du barrage qui ferme l'estuaire, avec son écluse à 4,4 km.
Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : en amont de l'ouvrage, l'eau n'obéit plus directement à la mer. Le niveau dépend de l'exploitation — remplissage, turbinage, vidange — avec une amplitude plus faible et décalée par rapport au large. L'heure d'eau calculée pour le port ne s'applique donc pas de l'autre côté du barrage, et un raisonnement de marée classique y induit en erreur.
Deux réflexes s'imposent. Se renseigner auprès de l'exploitant de l'ouvrage et du gestionnaire du plan d'eau : consignes, zones réglementées et signalisation dépendent d'eux, pas d'un usage local. Et tenir les abords du barrage et de l'écluse pour ce qu'ils sont, des installations en service avec courants et manœuvres. Plus haut, l'axe du canal d'Ille-et-Rance prend le relais en eau douce, carte de pêche comprise. Les migrateurs du bassin, l'anguille au premier chef, ne sont pas des cibles : leur statut se vérifie auprès de la fédération.
Voilà ce qu'aucune page départementale ne montre : la ville est bretillienne, son cercle ne l'est pas.
| Territoire | Spots du rayon | Ce que le cercle attrape |
|---|---|---|
| Côtes-d'Armor (22) | 94 | la rive ouest de la Rance, le Frémur, la côte vers Saint-Jacut, l'arrière-pays de Plancoët et de Dinan |
| Ille-et-Vilaine (35) | 64 | la ville, la rive est de l'estuaire, l'entrée de la baie vers l'est |
| Pleine eau | 22 | points ne tombant sur aucun polygone terrestre, pontons compris |
Traverser son propre estuaire, ici, c'est changer de fédération et d'arrêté préfectoral. La réciprocité entre les deux départements ne se présume pas : elle dépend des ententes en vigueur et de l'option prise à l'achat de la carte.
La rubrique « pêche en mer / littoral » compte 64 points du rayon, mais elle mélange des choses très différentes. Les bassins à flot sont fermés par une écluse et exploités ; les points nommés d'une seule lettre, de A à K vers 3,2 km, désignent des pontons réservés à leurs usagers. Un point nomme un ouvrage, il n'ouvre aucun accès.
Restent les vraies portes d'entrée : les cales de mise à l'eau — Hoguette, Rochebonne, Naye, Dinan — donnent un accès public au rivage et servent de repère fiable quand l'estran découvre. Dernier point à signaler : La Gaule Malouine, répertoriée à 3 km, n'est pas un poste mais l'association de pêche locale, et le meilleur interlocuteur du secteur en eau douce.
| Espèce | Signalements | Où la chercher dans le rayon |
|---|---|---|
| Gardon | 16 | étangs de l'intérieur, biefs du canal |
| Brochet | 16 | herbiers des étangs, annexes lentes |
| Perche | 12 | bordures encombrées, abords d'écluse |
| Dorade | 10 | fonds mêlés sable et roche |
| Brème | 10 | fonds plats des étangs et du canal |
| Bar | 9 | pointes, digues, veines de courant |
| Carpe | 7 | grands étangs, parcours gérés |
| Tanche | 6 | petits étangs végétalisés |
La seiche est signalée 9 fois, le sandre et le congre une seule fois. Attention à la lecture : bar, dorade et seiche arrivent groupés parce qu'ils forment une liste toute faite, posée en bloc sur les points côtiers — des étiquettes, pas des captures. D'où l'absence de ce qu'un Malouin cite en premier : mulet, vieille, sole. Ils manquent dans le fichier, pas dans l'eau.
La gare met le centre à pied de la digue du Sillon et de Rochebonne, et les cales urbaines s'enchaînent le long du front de mer. La navette maritime vers Dinard économise le tour de l'estuaire, avec une réserve typique du lieu : son accostage dépend aussi de la hauteur d'eau. Les étangs de l'intérieur demandent une voiture.
En eau douce — étangs, canal, plans d'eau gérés — une carte de pêche valide est obligatoire, en ligne ou auprès d'une AAPPMA, et l'arrêté préfectoral en vigueur fait seul référence : celui du 35 ou celui du 22 selon le côté. Les 7 étangs privés payants du rayon relèvent de leur propriétaire.
En mer, aucune carte, mais la réglementation maritime s'applique en entier : engins, quantités, marquage, espèces protégées, zones fermées. La pêche à pied y ajoute ses règles, et une vérification sanitaire s'impose avant toute consommation de coquillages.
Restent les espaces exploités ou gérés : barrage et usine marémotrice, emprises portuaires, parcs conchylicoles. C'est la règle du site qui prime, et elle interdit parfois ce qui est permis deux kilomètres plus loin.
Chacun des deux départements du cercle a le sien.
Ille-et-Vilaine (35) · Côtes-d'Armor (22)
180 : 158 à terre, 22 en pleine eau. Soit 94 dans les Côtes-d'Armor et 64 en Ille-et-Vilaine. À 50 km, 368.
La distance à parcourir sur l'estran, la vitesse de la mer dans un cycle qui dure toujours six heures environ, et la brièveté de la fenêtre où un poste bas est découvert.
Elle exige une heure de repli fixée d'avance : la mer avance vite sur un estran plat et coupe le retour par les chenaux avant de couvrir le poste, et le brouillard efface les repères en minutes.
Un barrage équipé d'une usine marémotrice ferme l'estuaire : en amont, le niveau dépend de l'exploitation, avec une amplitude réduite et décalée. Consignes et zones se vérifient auprès de l'exploitant et du gestionnaire.
Non : 94 spots terrestres sont costarmoricains contre 64 bretilliens. Deux fédérations, deux arrêtés, réciprocité à vérifier avant de partir.
Des cales du front de mer aux étangs de l'arrière-pays : type d'eau, espèces et heure de marée. Gratuit, sans carte bancaire.
Ouvrir la carte de la côte malouine