93 spots répertoriés, le plus petit total francilien de nos données — et un département où la question n'est presque jamais « à qui appartient cette berge ? » mais « à quelle heure ferme la grille ? ». Deux canaux en épine dorsale, de grands parcs publics avec de vraies pièces d'eau, la Marne à l'est.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Le chiffre passe inaperçu et il commande pourtant tout le reste. Sur les 93 spots recensés, 4 seulement sont des étangs privés payants. Dans la plupart des départements ruraux, ce poste pèse trois à dix fois plus. Ici, l'eau pêchable est presque intégralement publique.
La conséquence est concrète. Le pêcheur n'a pas en face de lui un propriétaire à convaincre mais une administration à consulter : service de parc départemental, gestionnaire de voie navigable, parfois une commune. Ces interlocuteurs raisonnent en fonctionnement d'équipement — travaux, manifestations, sécurité du public, horaires — et décident du niveau d'un plan d'eau ou de la fermeture d'un chemin sans que rien de cela figure dans un règlement de pêche.
D'où le réflexe local : on vérifie deux choses distinctes avant de partir — le droit de pêche, côté AAPPMA, et l'accès au site, côté gestionnaire. Les deux peuvent dire oui séparément et non ensemble.
Les 14 points de canal du recensement se répartissent sur deux ouvrages que l'on confond souvent et qui ne se pêchent pas pareil.
Le canal Saint-Denis descend du nord-est de Paris vers la Seine : canal de fret, large, profond, jalonné d'écluses successives — nos points en nomment plusieurs, jusqu'au confluent avec la Seine et au bassin de la Maltournée. Le canal de l'Ourcq part vers l'est en biefs longs et tranquilles, halage continu et circulation bien plus légère.
Ce qui distingue un canal d'une rivière tient à l'hydraulique, pas au décor. Un bief est une masse d'eau immobile par défaut, à section constante et à profondeur régulière : ni veine, ni radier, ni fosse de méandre, donc rien à « lire » au sens où on lit une rivière.
Le courant, quand il existe, est un événement et non un état. Une éclusée vide un sas dans le bief aval : quelques minutes durant, un flux traverse le canal, décolle les particules et met la bordure en mouvement. Le reste du temps, l'eau ne bouge pas. Sur ce fond uniforme, tout se joue donc sur les ruptures dures : angle de bassin, coque à quai, débouché d'ouvrage, tas de blocs au pied du mur, franchissement de pont. Ailleurs, le linéaire est interchangeable sur des centaines de mètres.
Repérer les ruptures avant de marcher le halage — la carte situe chaque point recensé avec les espèces signalées, le type d'eau et l'accès. Sur un ouvrage rectiligne, c'est la seule façon de ne pas prospecter à l'aveugle.
Ouvrir la carte du 93Avec 63 étangs et lacs, soit plus de deux spots sur trois, le gros de l'offre tient dans les grands espaces verts publics du département — et ce ne sont pas des bassins d'agrément.
Le parc départemental Georges-Valbon, à La Courneuve, est le plus vaste : plusieurs centaines d'hectares reconquis sur d'anciens terrains vagues, avec un chapelet de pièces d'eau dont le Grand Lac et le lac des Brouillards. Plus au nord, le parc du Sausset, entre Aulnay-sous-Bois et Villepinte, a été dessiné avec ses bassins et son vallon écologique ; au bord du fleuve, le parc départemental de l'Île-Saint-Denis occupe une longue langue de terre. S'y ajoutent le lac de Maison-Blanche, le lac de l'Orangerie, le lac des Primevères, l'étang du bois de Bondy, et une série de petites pièces boisées vers Coubron et Montfermeil — étangs de Maison-Rouge, Laurence, Isabelle, Virginie, Dominique et de Savigny.
Deux caractéristiques comptent avant d'y aller. La première est hydrologique : ces plans d'eau sont alimentés et régulés artificiellement, souvent doublés d'une fonction de rétention des eaux pluviales — leur niveau dépend d'une consigne de gestion, pas d'un bassin versant. La seconde est pratique : un parc a des horaires d'ouverture saisonniers, et parfois des secteurs en réserve écologique où la berge est interdite. C'est la contrainte la plus souvent ignorée du département.
Ce qu'il y a sous la surface — sur une pièce d'eau creusée puis aménagée, la cassure entre la plage de bordure et la cuvette centrale décide de tout.
Voir les profondeursLa pointe est touche la Marne vers Neuilly-sur-Marne et Gournay, où le recensement place l'étang de Ville-Évrard. La rivière y est large et lente, doublée par le canal de Chelles, dérivation navigable qui court-circuite une section du cours naturel — deux eaux voisines de régime différent, l'une soumise aux variations de la rivière, l'autre tenue par des ouvrages.
À l'autre extrémité, le département borde la Seine de L'Île-Saint-Denis à Saint-Denis : écluses, quais et ports, des berges de travail avec les restrictions qui vont avec.
Un point à connaître : plusieurs départements franciliens sont couverts par des restrictions de consommation du poisson liées à la pollution historique aux PCB, dont le périmètre est fixé par arrêté préfectoral. La remise à l'eau soigneuse règle la question.
La rivière avant de partir — hauteurs et débits relevés en continu par les stations officielles. À l'est, une Marne qui monte ferme les berges basses quand les plans d'eau de parc, eux, ne bougent pas.
Consulter les niveaux d'eau| Espèce | Spots concernés | Où la chercher |
|---|---|---|
| Brochet | 25 | herbiers des lacs de parc, bras calmes de la Marne |
| Gardon | 23 | bordures de plan d'eau, biefs de canal |
| Carpe | 19 | grands lacs de parc, étangs payants |
| Perche | 14 | abords d'écluses, angles de bassin, ouvrages |
| Tanche | 12 | petits étangs boisés de Coubron et Montfermeil |
| Brème | 11 | fonds plats et réguliers des biefs |
| Sandre | 3 | fosses de canal, abords de confluent |
Un cortège d'eaux calmes. Le brochet en tête s'explique par la nature des pièces recensées : creusées puis végétalisées, bordures encombrées, herbiers qui abritent l'alevin. Le sandre, lui, ne compte que 3 signalements alors que les biefs profonds sont son terrain — déficit de points sur le linéaire, pas absence de poisson. Idem pour le silure, absent de nos données du département.
Une fiche par poisson — biologie, rythme saisonnier, postes recherchés et approches qui fonctionnent, du lac de parc au bief bétonné.
Consulter les fiches espècesLe bon créneau, spot par spot — vent, pression, température et lune heure par heure. Quand la fenêtre est de deux heures entre l'ouverture du parc et le travail, l'arbitrage se joue là-dessus.
Voir les conditionsSur toute eau libre — canaux, Marne, canal de Chelles, Seine et plans d'eau publics gérés — la carte de pêche est obligatoire, en ligne ou auprès d'une AAPPMA de Seine-Saint-Denis. Périodes, techniques autorisées et parcours particuliers dépendent de la catégorie de l'eau et figurent dans l'arrêté préfectoral en vigueur en Seine-Saint-Denis, seul texte opposable.
Trois couches se superposent, et c'est la vraie spécificité locale. La voie navigable d'abord : abords d'écluses, quais de chargement, zones portuaires et appontements sont fermés à la pêche, signalés sur place, et cette interdiction ne se discute pas. Le gestionnaire de site ensuite : chaque parc fixe horaires, accès et zones en réserve, indépendamment de toute règle de pêche — une carte valide ne donne aucun droit d'entrer. Les communes enfin, dont les arrêtés peuvent restreindre l'usage de certaines promenades de berge.
Les 4 étangs privés payants recensés relèvent d'un autre régime : droit d'entrée, règlement du propriétaire, remise à l'eau parfois imposée, sans qu'une carte fédérale y ouvre le moindre droit.
Une collectivité, presque toujours : le département pour les grands parcs et leurs plans d'eau, l'établissement gestionnaire de la voie d'eau pour les canaux, les communes pour quelques pièces de quartier. Nos données ne comptent que 4 étangs privés payants sur 93 spots. L'interlocuteur pour l'accès est donc un service de parc ou de voie navigable, en plus de l'AAPPMA qui détient le droit de pêche.
Ce sont les deux axes du département, et le recensement retient 14 points de canal, écluses comprises. Le canal Saint-Denis descend vers la Seine par une série d'écluses avec du trafic de fret ; le canal de l'Ourcq file vers l'est en biefs longs et calmes. Abords d'écluses, quais de chargement et zones portuaires restent fermés à la pêche, signalés sur place.
Le brochet, sur 25 spots, devant le gardon (23), la carpe (19), la perche (14), la tanche (12) et la brème (11). Le sandre n'apparaît que sur 3 spots. Le classement décrit surtout les 63 plans d'eau du recensement, pas les linéaires.
C'est le plus petit total francilien de nos données. Un territoire très bâti a peu de surface en eau, et celle qu'il a se présente en longs rubans continus — berges de canal, de Marne, de Seine — qu'un catalogue de points nommés capte mal. Un lac de parc a un nom et une entrée ; un kilomètre de halage n'en a pas.
Oui en eau libre : canaux, Marne, canal de Chelles et plans d'eau publics gérés relèvent d'une AAPPMA du département. S'y ajoutent les horaires et les règles d'accès propres à chaque parc, qui ne dépendent pas de la carte. Les 4 étangs privés payants recensés appliquent le règlement de leur propriétaire.
Les 93 spots sont sur la carte, du bassin de la Maltournée aux étangs boisés de Coubron, avec les espèces signalées, les conditions et les accès. Gratuit, sans carte bancaire.
Ouvrir la carte du 93