244 spots répertoriés dans un département qui abrite une anomalie hydrologique : une rivière froide, limpide et à plein débit au cœur du mois d'août provençal. Autour d'elle, une plaine irriguée jusqu'à l'obsession et deux grands axes en bordure.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Avec 68 canaux pour 244 spots, le Vaucluse tient un rapport que très peu de départements atteignent. Ce n'est pas une bizarrerie de comptage : c'est la signature du Comtat Venaissin, plaine maraîchère irriguée depuis des siècles, où l'eau a été redistribuée à la parcelle.
Le canal de Carpentras, le canal de Pierrelatte, le canal de la Nappe et tout un chevelu de filioles constituent un second réseau, entièrement artificiel, qui double le réseau naturel. Pour le pêcheur : des kilomètres de berges plates et accessibles — et deux réflexes, car ces ouvrages appartiennent souvent à des associations syndicales d'arrosants et subissent des chômages, ces mises à sec programmées hors saison d'irrigation. Un canal plein en juin peut être un fossé en février.
C'est la pièce maîtresse du département, et elle n'a pas d'équivalent dans le Midi. La Sorgue ne se forme pas par ruissellement : elle sort du sol, d'un coup, au pied d'une falaise, à Fontaine-de-Vaucluse. Ce gouffre est l'exutoire de toute l'eau infiltrée dans le calcaire du plateau d'Albion et du mont Ventoux — la plus puissante résurgence karstique d'Europe.
La conséquence hydrologique est spectaculaire. Là où une rivière de surface dépend de la pluie des dernières semaines, la Sorgue vit d'une réserve souterraine énorme, tamponnée sur des mois. Son débit varie peu ; sa température encore moins : elle reste fraîche au plus fort de la canicule, et ne gèle pas en hiver. Résultat, en pleine Provence, une rivière limpide à herbiers permanents, à courant régulier, riche en invertébrés — le milieu à truite par excellence, à quelques kilomètres de garrigues qui grillent.
En aval, à L'Isle-sur-la-Sorgue, la rivière se divise en de multiples bras qui se recomposent vers Sorgues : bras vif à galets, bras lent à herbiers, canaux d'usines et bassins de roues, chacun avec sa lecture propre.
Le point qui compte vraiment : en juillet et août, quand la quasi-totalité des cours d'eau provençaux tombent à l'étiage sévère et que la pêche s'y déplace vers les plans d'eau, le réseau des Sorgues reste frais et plein. C'est, à cette saison, le milieu courant le plus fiable de tout le département — et un milieu fragile, où la discrétion et une manipulation soignée du poisson comptent double.
Les hauteurs relevées station par station — utile ici pour l'inverse de l'usage habituel : mesurer à quel point la Sorgue reste stable pendant que l'Ouvèze et le Calavon décrochent.
Consulter les niveaux d'eauLe département est bordé par deux grands axes qui ne se ressemblent en rien. À l'ouest, le Rhône descend de Lapalud et Bollène vers Piolenc, Caderousse, Orange puis Avignon : fleuve canalisé, profond, avec ses vieux bras et ses contre-canaux en retrait des aménagements — de l'eau lente et lourde, à l'opposé exact de la Sorgue.
Au sud, la Durance ferme le département. Rivière en tresses sur un lit de galets démesurément large, elle vit sous un régime largement piloté par les ouvrages hydroélectriques d'amont : les variations de débit peuvent y être rapides et sans rapport avec la météo du jour. On ne s'y engage pas au milieu du lit sans y penser.
Entre les deux, le relief donne les rivières nerveuses : l'Ouvèze vers Sainte-Cécile-les-Vignes, la Nesque et son canyon sous le Ventoux, le Calavon vers Apt — franchement méditerranéennes, hautes et brunes après un orage, réduites à des vasques en fin d'été. Les sources du Ventoux, elles, gardent de l'eau froide en altitude : l'autre poche fraîche du département.
Les 126 étangs et lacs recensés forment le gros du dispositif, et ils se concentrent presque tous dans la plaine, entre Avignon, Monteux et Pernes-les-Fontaines. Beaucoup sont d'anciennes gravières nées de l'extraction des alluvions du Rhône et de la Durance : berges nettes, fosses profondes, eau claire, et souvent une base de loisirs autour.
Parmi les pièces recensées : Les Girardes, le lac du Devès, le lac du Bartras, le lac de Monteux Provence, le plan d'eau de la Riaille, le lac Saint-Chamand à Avignon, l'étang des Paluds et le plan d'eau des Libertés. À l'écart de la plaine, deux exceptions : le lac du Paty, petite retenue ancienne blottie sous les dentelles au pied du Ventoux, et l'étang de la Bonde, en plein sud Luberon, l'un des rares plans d'eau naturels de ce versant.
S'ajoutent 15 étangs privés payants et un carpodrome, ainsi que 5 lacs de barrage ou réservoirs — un chiffre modeste qui explique en grande partie la faible place du sandre dans les signalements.
Les profils de fond — sur une ancienne gravière, la marche entre le haut-fond de bordure et la fosse d'extraction fait toute la différence. Autant la repérer avant d'y aller.
Voir les profondeurs| Espèce | Spots concernés | Où la chercher |
|---|---|---|
| Brochet | 86 | plans d'eau de la plaine, canaux lents, annexes du Rhône |
| Gardon | 79 | canaux du Comtat, bordures d'étangs |
| Perche | 73 | gravières, ouvrages et piles de canaux |
| Brème | 65 | fonds plats et lents, contre-canaux du Rhône |
| Carpe | 35 | grandes gravières, étangs payants |
| Tanche | 14 | étangs peu profonds et végétalisés du Luberon |
| Sandre | 8 | Rhône, retenues profondes |
Le classement décrit un département d'eau lente : quatre espèces de plaine occupent les quatre premières places. Deux signalements isolés méritent une note. L'écrevisse apparaît une fois : sa capture est très encadrée et dépend de l'espèce en présence, plusieurs étant protégées et difficiles à distinguer. L'esturgeon, signalé une fois aussi, bénéficie d'une protection intégrale : il ne se recherche pas, et une capture fortuite se relâche aussitôt.
L'absence la plus frappante est celle de la truite, qui ne figure sur aucun spot de nos données. Le lecteur qui connaît les Sorgues aura corrigé de lui-même : c'est un biais de recensement. Nos points couvrent bien mieux les plans d'eau nommés que les parcours de rivière, et un linéaire courant se recense mal en un point sur une carte.
Une fiche par poisson — biologie, saisonnalité et façons de le chercher, du brochet des gravières à la truite des eaux froides.
Consulter les fiches espècesVent, pression et lune à l'endroit visé, heure par heure. Entre le couloir du Rhône et l'abri du Luberon, l'écart de force du mistral suffit souvent à décider du programme.
Voir les conditionsToute pêche en eau libre suppose une carte de pêche valide, prise en ligne ou auprès d'une AAPPMA du Vaucluse : cela vaut pour la Sorgue, l'Ouvèze, le Calavon, la Nesque, le Rhône, la Durance, les canaux gérés et les plans d'eau communaux. Les périodes, les techniques autorisées et les parcours particuliers dépendent de la catégorie du cours d'eau et figurent dans l'arrêté préfectoral en vigueur dans le Vaucluse, seul texte opposable, révisé régulièrement.
Trois particularités locales méritent un appel à l'association gestionnaire. Le réseau des Sorgues comporte des parcours à réglementation spécifique. Les canaux d'irrigation ne sont pas tous des eaux libres : certains relèvent d'une association syndicale et n'autorisent ni accès ni stationnement en berge. Et sur la Durance comme sur le Rhône, les abords d'ouvrages font l'objet d'interdictions signalées sur place.
Les 15 étangs privés payants et le carpodrome recensés sortent de ce cadre : droit d'entrée et règlement du propriétaire s'y appliquent.
Elle sort du sol à Fontaine-de-Vaucluse, exutoire de l'eau infiltrée dans le calcaire du plateau d'Albion et du Ventoux — la plus puissante résurgence karstique d'Europe. D'où un débit et une température remarquablement réguliers toute l'année : une rivière fraîche, limpide et pleine en août, dans une région où les cours d'eau ordinaires ne sont plus qu'une suite de flaques.
Le réseau des Sorgues est précisément ce qui rend la question sérieuse : eau froide et courante toute l'année, herbiers permanents, nourriture abondante. Nos données ne comptent pourtant aucun spot vauclusien étiqueté truite — un manque de recensement des parcours de rivière, pas une absence de poisson. Périodes et parcours relèvent de l'AAPPMA et de l'arrêté préfectoral.
68 spots sur 244 sont des canaux. La plaine comtadine est irriguée depuis des siècles : canal de Carpentras, canal de Pierrelatte, canal de la Nappe et leurs filioles doublent le réseau naturel. Beaucoup dépendent d'associations syndicales d'arrosants et connaissent des chômages, ces mises à sec programmées.
C'est l'espèce la plus signalée du département, sur 86 spots : les grands plans d'eau de la plaine vers Monteux, Pernes-les-Fontaines et Avignon, les sections lentes des canaux, et les annexes du Rhône entre Caderousse et Lapalud.
Oui en eau libre : Sorgue, Ouvèze, Calavon, Rhône, Durance, canaux gérés et plans d'eau communaux relèvent d'une AAPPMA vauclusienne. Les 15 étangs privés payants et le carpodrome recensés appliquent leur propre règlement, avec droit d'entrée.
Les 244 spots du département sont sur la carte, des bras de L'Isle-sur-la-Sorgue aux gravières du Comtat, avec les espèces signalées, les conditions et les accès. Gratuit, sans carte bancaire.
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