Aller au contenu

Déclarer ses prises en mer : qui doit le faire, et qui n'a rien à faire

Depuis 2026, une partie des pêcheurs de loisir en mer doit s'enregistrer et déclarer ses captures sur une application européenne. Le sujet a produit beaucoup de bruit et beaucoup d'approximations : y compris des règles qui ont changé en cours d'année sans que les pages qui les relaient soient corrigées. Voici ce que dit le texte en vigueur, et surtout : comment savoir en trente secondes si vous êtes concerné.

Mis à jour en septembre 2026 · Par Arthur Fourets

Deux mains mouillées remettent un bar à l'eau dans la vague, au-dessus d'un fond de galets et de goémon, le poisson intact
Relâché ne veut pas dire non compté. La déclaration porte sur la capture, pas sur ce qu'on rapporte.
Ce qu'il faut retenir
  • En eau douce, rien ne change : le texte ne vise que le domaine maritime.
  • En mer hors Méditerranée, c'est l'espèce ciblée qui déclenche l'obligation.
  • En Méditerranée, l'enregistrement vise tout le monde à partir de 16 ans.
  • L'enregistrement se fait au moins la veille : pas le matin même.
  • La déclaration porte aussi sur les poissons relâchés.

Le tri en trois lignes

Commençons par la seule chose qui compte pour la plupart des lecteurs : savoir si l'on est concerné. La grande majorité des pêcheurs français ne l'est pas.

Trois situations de pêche et l'obligation d'enregistrement correspondante : eau douce, mer hors Méditerranée, Méditerranée
Trois situations. La première couvre la plupart des pêcheurs français.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.

Vous pêchez en eau douce ? Rien à faire. Le texte ne concerne que le domaine maritime : ni les rivières, ni les lacs, ni les étangs. Votre carte de pêche et le règlement de votre AAPPMA restent seuls en cause : le sujet est traité dans notre guide de la carte de pêche.

Vous pêchez en mer, hors Méditerranée ? L'obligation se déclenche par l'espèce. Cinq figurent à l'annexe : le lieu jaune, le bar, la dorade rose, la dorade coryphène et le maquereau. Si vous en ciblez une, vous êtes concerné, à partir de 16 ans. Si vous pêchez le mulet ou la seiche, non.

Vous pêchez en Méditerranée ? Là, l'enregistrement vise tous les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus, quelle que soit l'espèce visée. C'est une règle propre à cette façade, reprise d'un cadre méditerranéen international.

Enregistrer et déclarer ne sont pas la même chose

C'est la confusion la plus répandue sur le sujet, et elle vient de ce que les deux obligations relèvent de deux articles différents, avec deux déclencheurs différents.

Comparaison des deux obligations : l'enregistrement dépend de la façade, la déclaration dépend de l'espèce capturée
L'enregistrement dépend de la façade. La déclaration dépend de l'espèce.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.

L'enregistrement est l'inscription préalable. C'est lui qui obéit à la logique de façade décrite plus haut : par espèce en Manche, mer du Nord et Atlantique ; général en Méditerranée.

La déclaration, elle, porte partout sur les mêmes cinq espèces. Un pêcheur méditerranéen doit s'enregistrer même s'il ne vise qu'un sar ou une girelle, mais il n'aura rien à déclarer tant qu'il ne capture aucune des cinq.

Une nuance mérite d'être connue, parce qu'elle est souvent mal rapportée : les pêcheurs à pied échappent à l'obligation générale méditerranéenne. Cela ne les sort pas du dispositif pour autant. S'ils ciblent une espèce de l'annexe, ils s'enregistrent comme les autres : l'exception porte sur la règle de façade, pas sur le déclencheur par espèce.

Deux gestes, deux horloges

Le calendrier est la partie qui piège, parce qu'un des deux délais court avant la sortie et non après.

Frise des deux obligations : enregistrement au moins la veille, puis déclaration dans les 24 heures suivant la capture
L'enregistrement se fait la veille au plus tard. La déclaration part de l'heure de capture.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.

L'enregistrement doit être fait au moins la veille du jour de pêche. Une fois fait, il vaut douze mois : c'est une formalité annuelle, pas une démarche à répéter.

Pas le matin même

On ne s'inscrit pas sur le parking du port à six heures du matin pour pêcher le bar à sept.

La déclaration intervient dans les vingt-quatre heures à compter de l'heure exacte de la capture. Elle porte sur les quantités et le nombre d'individus, par zone, par mode de pêche et par engin : et, point que beaucoup ignorent, elle couvre les poissons conservés comme relâchés. Remettre un bar à l'eau ne dispense pas de le déclarer.

Dernier point pratique : le texte autorise un tiers, personne physique ou morale, à accomplir ces deux gestes pour votre compte. C'est ce qui permet à un guide, un club ou un bateau-école de s'en charger pour ses clients.

Ce qui a changé en cours d'année, et que beaucoup de pages n'ont pas corrigé

Ce dossier a bougé deux fois en 2026, et c'est ce qui explique la quantité d'informations périmées qui circulent. Y compris, au moment où nous écrivons, sur des pages officielles.

Le démarrage a été reporté. L'échéance annoncée était le 10 janvier 2026. Ce jour-là, le ministère a publié un communiqué actant que l'application ne serait pas opérationnelle et que les pêcheurs n'avaient, pendant cette période transitoire, ni à s'enregistrer ni à déclarer. Le dispositif a démarré le 12 février 2026. Toute page qui écrit « obligatoire depuis le 10 janvier » raconte une échéance qui n'a pas eu lieu.

La liste des espèces a changé. L'annexe initiale comportait le thon rouge ; il en a été retiré, et le maquereau y a été ajouté. Une page qui liste encore le thon rouge parmi les espèces à déclarer via l'application décrit un état du droit abandonné. Le thon rouge de loisir relève en 2026 d'un régime distinct, avec autorisation délivrée par navire : un sujet à part entière, qui n'a rien à voir avec la déclaration courante.

Le délai de déclaration a changé. Il était initialement fixé au jour même avant minuit ; il est passé à vingt-quatre heures à compter de l'heure de capture. C'est plus souple, et c'est la règle applicable aujourd'hui.

Ce que cette obligation n'est pas

Quelques précisions utiles, parce que le dispositif a été décrit un peu partout comme ce qu'il n'est pas.

Ce n'est pas un permis de pêche en mer. La pêche récréative en mer reste libre d'accès et ne demande toujours pas de carte, contrairement à l'eau douce. L'enregistrement est une formalité déclarative, pas une autorisation payante.

Ce n'est pas une application française. Elle est développée par la Commission européenne, dans le cadre d'une obligation qui pèse sur tous les États côtiers. La connexion passe par un compte européen. Les autres applications de pêche, gratuites ou payantes, restent facultatives.

Cela ne remplace pas le reste de la réglementation. Le marquage de la nageoire caudale des poissons soumis à taille minimale, les tailles elles-mêmes, les limites de prélèvement et les interdictions locales continuent de s'appliquer indépendamment. La déclaration s'ajoute, elle ne se substitue à rien.

Enfin, un rappel qui n'a rien de théorique : les préfets maritimes et les préfets de département peuvent poser des règles plus strictes sur leur territoire — cantonnements, réserves, zones fermées. Une page nationale ne peut pas les recenser. Avant une sortie, la référence est l'arrêté applicable au secteur.

Vérifier soi-même, et à quelle date

Cette page décrit l'état du droit au 3 septembre 2026, tel qu'il résulte de l'arrêté du 7 novembre 2025 précisant les conditions d'exercice de la pêche de loisir dans le domaine maritime, modifié le 1er avril 2026. Le texte consolidé est consultable librement sur Légifrance, et c'est lui qui fait foi : pas cette page, ni aucune autre.

Nous datons volontairement, parce que ce dossier a déjà changé deux fois en une année et qu'il changera encore : la liste des espèces se modifie par simple arrêté, sans préavis. Si vous lisez ces lignes longtemps après la date indiquée, ouvrez le texte plutôt que de nous croire sur parole.

Pour toute question sur votre situation particulière, la direction interrégionale de la mer de votre façade est l'interlocuteur compétent.

Savoir où vous allez pêcher : Les obligations ne sont pas les mêmes en eau douce et en mer, ni d'une façade à l'autre. Fishera recense les spots de France et vous dit à quel milieu vous avez affaire.

Ouvrir la carte

Questions fréquentes

Faut-il s'enregistrer pour pêcher en rivière ou en étang ?

Non. Le texte ne concerne que le domaine maritime. En eau douce, ce sont la carte de pêche et le règlement de l'AAPPMA qui s'appliquent, comme avant.

Quelles sont les espèces concernées ?

Cinq figurent à l'annexe de l'arrêté : le lieu jaune, le bar, la dorade rose, la dorade coryphène et le maquereau. Le thon rouge y figurait au départ et en a été retiré : il relève désormais d'un régime distinct.

Je pêche en Méditerranée mais pas ces espèces : suis-je concerné ?

Pour l'enregistrement, oui : en Méditerranée il vise tous les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus, quelle que soit l'espèce ciblée. Pour la déclaration, non, tant que vous ne capturez aucune des cinq espèces listées.

Puis-je m'enregistrer le matin de la sortie ?

Non. Le texte impose de s'enregistrer au moins la veille du jour de pêche. L'enregistrement est ensuite valable douze mois, c'est donc une formalité annuelle.

Faut-il déclarer un poisson relâché ?

Oui. La déclaration porte sur les individus capturés et conservés ou relâchés. Le fait de remettre le poisson à l'eau ne dispense pas de le déclarer.

Dans quel délai faut-il déclarer ?

Dans les vingt-quatre heures à compter de l'heure exacte de la capture. Cette règle a remplacé l'ancienne, qui imposait de déclarer le jour même avant minuit : beaucoup de pages relaient encore l'ancienne version.

Est-ce que cela remplace la carte de pêche ?

Non, et les deux ne se rencontrent jamais : la carte de pêche concerne l'eau douce, cette obligation concerne la mer. La pêche récréative en mer ne demande toujours pas de carte.

Quelqu'un peut-il déclarer à ma place ?

Oui. Le texte prévoit qu'une personne physique ou morale accomplisse l'enregistrement et la déclaration pour le compte du pêcheur, ce qui vise notamment les guides, les clubs et les bateaux-écoles.

À lire ensuite

Faut-il une carte de pêche ? · Pêche du bar · Marées et pêche · Lire une carte marine · Identifier ses poissons

Préparer sa sortie en mer

Marée, vent, accès : la sortie se prépare avant de penser aux formalités. Fishera réunit les conditions et les spots du littoral.

Ouvrir la carte
Arthur FouretsFondateur de Fishera

Il a rassemblé les 43 559 spots de pêche de France métropolitaine dans une seule carte, et écrit les guides qui vont avec.