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Brème bordelière
Brème bordelière (Blicca bjoerkna)

Brème bordelière

Blicca bjoerkna
🐟 Eau douce

La discrète cousine de la brème commune, prisée pour les coups fins en eau lente.

  • Taille : 15–25 cm
  • Record : ~40 cm
  • Poids max : 100–300 g
  • Régime : Omnivore benthique
  • Difficulté : Facile
  • Longévité : ~10 ans (parfois plus)
  • Maturité : 2–4 ans

🐟 Biologie & identification

La brème bordelière (Blicca bjoerkna) est un poisson blanc de la famille des cyprinidés, de petite à moyenne taille, plus modeste que sa proche parente la brème commune (Abramis brama). C'est un poisson grégaire de fond, fréquent dans les eaux calmes et peu courantes. Souvent considérée comme un poisson de tableau pour le pêcheur au coup, elle se reconnaît notamment à sa nageoire anale relativement courte, à son grand œil et à la base rougeâtre de ses nageoires paires.

IdentificationCorps haut et fortement comprimé latéralement, généralement plus court, plus trapu et plus argenté que la brème commune. Elle s'en distingue surtout par une nageoire anale plus courte (de l'ordre de 19 à 23 rayons branchus, contre environ 23 à 30 chez Abramis brama) et par un œil relativement grand par rapport à la longueur de la tête. La robe est gris-argenté brillant, sans le mucus brun-bronze épais qui recouvre la brème commune adulte. Caractère souvent cité comme fiable : la base des nageoires pectorales et pelviennes est fréquemment teintée de rosé à rouge orangé. Écailles le long de la ligne latérale moins nombreuses que chez la brème commune (environ 44 à 50, contre ~51 à 60). En cas de doute, combiner plusieurs critères car les hybrides existent.
HabitatEspèce des eaux lentes à stagnantes : canaux, étangs, lacs, gravières, bras morts et cours inférieurs des grandes rivières (zone à brème). Elle affectionne les fonds meubles vaseux ou sablo-limoneux riches en matière organique, à faible courant. Elle tolère des eaux modérément eutrophes et se tient souvent à proximité de la végétation et des fosses.
Répartition en FrancePrésente et localement commune en France métropolitaine continentale, notamment dans les bassins de la Seine, de la Loire, du Rhône-Saône, de la Garonne et du Rhin, ainsi que dans de nombreux canaux et plans d'eau. Rare ou absente en altitude et dans les cours d'eau rapides et froids de première catégorie. Espèce autochtone d'Europe, non protégée et non classée comme susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques.
ComportementPoisson grégaire formant des bancs parfois nombreux, souvent mêlés à d'autres poissons blancs (gardons, brèmes communes, ablettes). Activité essentiellement diurne et crépusculaire, à la recherche de nourriture sur le fond qu'elle fouille. Peu farouche en banc, elle peut se concentrer sur un amorçage, ce qui en fait une prise fréquente au coup. En hiver, elle tend à se regrouper dans les fosses plus profondes.
AlimentationRégime omnivore à dominante benthique : larves d'insectes (notamment chironomes), petits mollusques, vers, micro-crustacés (cladocères, copépodes), complétés de débris végétaux et de zooplancton. Elle fouille la vase pour y trouver ses proies. Les jeunes consomment surtout du zooplancton, le régime se diversifiant vers le benthos avec la croissance.
ReproductionFrai printanier à estival, généralement de mai à juillet selon la température (souvent déclenché autour de 15 à 18 °C). Les œufs, adhésifs, sont déposés en grand nombre sur la végétation aquatique des zones peu profondes et calmes. La maturité sexuelle est atteinte vers 2 à 4 ans selon les milieux. Durant la fraie, les mâles portent des boutons nuptiaux (tubercules) sur la tête et l'avant du corps. Des hybridations avec la brème commune et le gardon sont possibles et peuvent compliquer l'identification.
Croissance & maturitéCroissance plutôt lente et taille adulte modeste : la plupart des individus dépassent rarement 25 à 30 cm. La longévité est de l'ordre d'une dizaine d'années, parfois davantage. Les spécimens approchant ou dépassant 35 cm sont déjà remarquables pour l'espèce ; les sujets proches du kilo sont tout à fait exceptionnels.

🎣 Où & comment le pêcher

Pêche au coup (anglaise, bolognaise, fixe)
Technique reine pour la bordelière. Pêche fine au flotteur léger, esche posée sur le fond ou juste décollée, sur amorçage régulier. Ligne discrète (corps de ligne 10 à 14/100, bas de ligne 6 à 10/100) et hameçons fins de fer n°16 à 20. La touche est souvent timide : flotteur qui se couche ou remonte légèrement.
Pêche au feeder / picker
Très efficace en canal, lac et gravière pour atteindre les bancs au large et fixer les poissons avec une amorce contenue dans la cage. Montage anti-emmêleur ou en boucle, bas de ligne court de 50 à 80 cm, esche au ver de vase, asticot ou pinkie.
Pêche à la grande canne en eau calme
En étang ou bras mort, présentation très discrète au-dessus d'un amorçage fin (terre de coup, fouillis), idéale pour cibler les bancs concentrés en eau peu profonde.
Meilleurs postesZones calmes à faible courant : fosses et cassures des canaux, queues d'étang, gravières, bras morts, abords de la végétation et fonds vaseux des cours inférieurs de rivière. Rechercher les zones plus profondes en hiver, les plats et bordures végétalisées au printemps et en été.
Profondeurs & couches d'eauLe plus souvent entre 1,5 et 4 m, sur ou très près du fond. En hiver, prospecter les fosses plus profondes (3 à 6 m) où les bancs se concentrent.
Conditions idéalesEaux calmes et plutôt douces, temps stable et couvert souvent favorables. Période la plus productive du printemps à l'automne ; pêche encore possible l'hiver dans les fosses mais plus difficile. Le poisson mord souvent bien par eau légèrement teintée et températures douces.
Meilleurs momentsActivité surtout diurne, avec des pics fréquents au lever du jour et en fin d'après-midi / crépuscule. Les bancs se déplacent sur les coups amorcés au fil de la journée.
Appâts & leurresEsches naturelles classiques du poisson blanc : ver de vase, asticot, pinkie, fouillis, petits morceaux de ver de terre, ainsi que des esches végétales (chènevis cuit, pâte, blé, maïs doux en petite taille). Amorce fine de pêche au coup, légèrement collante, enrichie de fouillis et de ver de vase pour fixer le banc.
Matériel conseilléCanne au coup ou anglaise légère (environ 4 à 5 m, ou canne anglaise/feeder de 3,60 à 4,20 m en puissance light), moulinet léger garni en 14 à 16/100, flotteurs fins de 0,5 à 2 g ou cage feeder légère, hameçons fins n°16 à 20. Privilégier la finesse : la bordelière a une petite bouche et une touche discrète.

📋 Réglementation

Taille légaleAucune taille légale de capture n'est fixée au niveau national pour la brème bordelière. En pratique, c'est une prise habituellement relâchée. Toujours se référer à l'arrêté préfectoral du département et au règlement de l'AAPPMA, qui peuvent prévoir des dispositions locales.
FermetureEn 2e catégorie, ce poisson blanc n'a pas de fermeture spécifique : la pêche est généralement ouverte toute l'année. En 1re catégorie (où l'espèce est rare), la pêche suit les dates d'ouverture générale. Vérifier l'arrêté préfectoral local.
QuotaPas de quota national spécifique connu pour la brème bordelière. Respecter les éventuelles limites de prélèvement et règles d'usage (vif, etc.) fixées localement par la fédération de pêche ou l'arrêté préfectoral.
Bonnes pratiquesCarte de pêche obligatoire (AAPPMA / fédération) pour pêcher en eaux libres. Pêche au coup et au feeder autorisées dans le respect de la réglementation locale. La remise à l'eau est libre, l'espèce n'étant pas classée susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques. Respecter le nombre de cannes et de lignes autorisé et consulter sa fédération départementale pour les particularités du parcours.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Amorcez fin et régulièrement plutôt qu'en grosse quantité : la bordelière se fixe sur un amorçage soutenu mais peut s'éloigner d'un excès de nourriture.
  • Affinez votre montage (bas de ligne en 6 à 8/100, petit hameçon fin de fer n°18 à 20) car la touche est souvent discrète et la bouche petite.
  • Cherchez les bancs : si les touches s'arrêtent, déplacez légèrement votre coup ou sondez une fosse voisine, le poisson est grégaire et mobile.
  • En hiver, ciblez les fosses plus profondes où les bancs se concentrent, avec une esche fine type ver de vase.
  • Présentez l'esche posée sur le fond ou tout juste décollée : c'est là que la bordelière fouille la vase.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Confondre la brème bordelière avec un jeune sujet de brème commune : recouper plusieurs critères (nageoire anale plus courte, grand œil, écailles moins nombreuses sur la ligne latérale, base souvent rosée des nageoires pectorales et pelviennes).
  • Pêcher trop gros (hameçon volumineux, ligne épaisse) : la bordelière a une petite bouche et délaisse les présentations grossières.
  • Suramorcer : un excès de nourriture peut saturer les poissons et stopper les touches.
  • Négliger le fond : ce poisson se nourrit au ras du substrat, une esche présentée trop haut dans la couche d'eau passe souvent inaperçue.
🍽️
En cuisine
Chair blanche correcte mais très fortement arêtée, comme la plupart des poissons blancs, ce qui limite son intérêt gastronomique. Les petits sujets se consomment essentiellement en friture (taillés en morceaux et bien frits, les fines arêtes deviennent croustillantes). La plupart des pêcheurs au coup la relâchent après capture. Son usage comme vif dépend de la réglementation locale.
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