Fishera
Anchois Commun
Anchois Commun (Engraulis Encrasicolus)

Anchois Commun

Engraulis Encrasicolus
🌊 Mer / océan

Le petit pélagique argenté des bancs côtiers, roi des conserves et appât vivant redoutable.

  • Taille : 12-16 cm
  • Record : ~20 cm
  • Poids max : 10-30 g
  • Régime : Planctonophage
  • Difficulté : Facile
  • Longévité : 3-4 ans (rarement plus)
  • Maturité : 1 an (~10-11 cm)

🐟 Biologie & identification

L'anchois commun (Engraulis encrasicolus) est un petit poisson pélagique grégaire de la famille des Engraulidés. Espèce emblématique des pêcheries françaises, il est surtout recherché pour la conserve (anchois salés, à l'huile) et reste un appât vivant ou mort de premier ordre. Il vit en bancs denses parfois immenses, en pleine eau, et joue un rôle écologique majeur comme maillon de base de la chaîne alimentaire marine (proie du bar, du thon, du maquereau, des oiseaux marins).

IdentificationCorps fuselé, allongé et comprimé, dos vert-bleuté à gris, flancs et ventre argentés avec une bande latérale argentée parfois visible chez le poisson frais. Le caractère diagnostique le plus net : un museau pointu, proéminent, dépassant nettement la mâchoire inférieure, et une très grande bouche dont la fente s'étend largement en arrière de l'oeil. À ne pas confondre avec le sprat ou la sardine, qui ont une bouche petite, terminale, et un museau non saillant. Une seule nageoire dorsale, courte ; pas de carène d'écailles ventrales épineuses marquée comme chez la sardine.
HabitatPoisson pélagique côtier des eaux tempérées, présent de la surface jusqu'à ~100-180 m de profondeur. Affectionne les eaux côtières, baies, estuaires et zones d'upwelling riches en plancton. Tolère de larges variations de salinité (espèce euryhaline), ce qui l'amène en été près des embouchures et dans les eaux saumâtres. Effectue des migrations verticales : il tend à remonter vers la surface la nuit et à descendre le jour.
Répartition en FrancePrésent sur les façades françaises avec des intensités très différentes. Forte présence dans le Golfe de Gascogne / Atlantique (pêcherie historique majeure, notamment au large des côtes basques, landaises et vendéennes) et en Méditerranée (golfe du Lion, où il fait l'objet d'une pêche professionnelle importante). Présent mais plus discret et saisonnier en Manche et sud mer du Nord, où ses remontées estivales semblent devenues plus régulières avec le réchauffement des eaux. C'est donc une espèce des côtes françaises bien réelle, surtout atlantique et méditerranéenne.
ComportementEspèce grégaire formant des bancs compacts qui se déplacent au gré du plancton et des courants. Très sensible à la température et à la luminosité. Les bancs se rapprochent des côtes au printemps-été pour se nourrir et se reproduire, puis se dispersent et gagnent généralement des eaux plus profondes en hiver. Proie privilégiée des prédateurs pélagiques : un banc d'anchois harcelé en surface signale souvent la présence de bars, bonites, maquereaux ou thons.
AlimentationPlanctonophage : se nourrit principalement de zooplancton (copépodes, larves, oeufs) et, dans une moindre mesure, de phytoplancton, capté par filtration à travers les branchiospines. L'alimentation est plus intense de jour et explique les concentrations dans les zones riches en plancton.
ReproductionReproduction estivale, principalement de mai/juin à août-septembre selon la façade et la température (ponte favorisée au-dessus de ~14-15 °C environ). C'est un pondeur fractionné : la femelle libère ses oeufs en plusieurs lots successifs durant la saison. Les oeufs, de forme ovale allongée, presque elliptique, caractéristique du genre Engraulis, ainsi que les larves, sont pélagiques. La maturité sexuelle est généralement atteinte dès la première année, vers 10-11 cm.
Croissance & maturitéCroissance rapide mais espèce à vie courte : la plupart ne dépassent guère 3 ans, 4 ans étant déjà âgé. Atteint l'essentiel de sa taille adulte (12-16 cm) en 1 à 2 ans. Cette longévité brève rend les populations très sensibles aux variations climatiques et à la pression de pêche, d'où des effondrements et reconstitutions de stocks parfois rapides (cas historique du stock du Golfe de Gascogne).

🎣 Où & comment le pêcher

Mitraillette (train de plumes/sabikis)
Technique reine pour les petits pélagiques. Un bas de ligne portant plusieurs hameçons habillés (plumes, peaux de poisson, fils brillants) de très petite taille (n°10 à 16), lesté d'un plomb, que l'on anime par petites tirées dans la couche où évoluent les bancs. Plusieurs anchois peuvent être ferrés sur une même descente.
Pêche à l'épuisette / au carrelet à mailles fines
Quand les bancs sont concentrés près du bord (ports, digues, embouchures) au crépuscule, capture à l'épuisette à maille très fine ou au carrelet, surtout pour se constituer un vivier d'appâts. Vérifier que cet usage est autorisé localement.
Pêche au lamparo (professionnelle/encadrée)
Technique professionnelle, surtout méditerranéenne, utilisant la lumière pour concentrer les bancs la nuit avant la capture au filet tournant. Citée pour contexte : ce n'est pas une pratique de pêche de loisir.
Meilleurs postesBords de quais et digues éclairés la nuit, embouchures et estuaires en été, zones de courant et de remous où le plancton se concentre. Du bateau : chercher les bancs au sondeur (taches denses en pleine eau) et repérer les oiseaux/chasses en surface, qui trahissent les anchois harcelés par les prédateurs.
Profondeurs & couches d'eauDu bord, on travaille surtout les premiers mètres à quelques dizaines de mètres ; du bateau, on suit la couche où le sondeur marque le banc (souvent entre la surface et 30-50 m). Les bancs tendant à remonter la nuit et à descendre le jour, adapter la profondeur de la mitraillette en conséquence.
Conditions idéalesEaux côtières qui se réchauffent, du printemps à l'automne ; mer calme à peu agitée. La pêche de nuit ou au crépuscule, près d'une source lumineuse qui attire le plancton et donc les bancs, est souvent plus productive. Les meilleures fenêtres correspondent généralement aux eaux les plus chaudes (mai à septembre).
Meilleurs momentsCrépuscule et nuit en priorité (remontée des bancs et concentration sous les lumières), ainsi que tôt le matin. Bon recoupement avec les chasses de prédateurs à l'aube et au coucher du soleil.
Appâts & leurresL'anchois ne se pêche quasiment pas à l'appât naturel classique (il est planctonophage) : on l'attrape sur les leurres minuscules des mitraillettes/sabikis. En revanche, l'anchois LUI-MÊME est un appât majeur : vivant sur le vif pour le bar, le thon ou la bonite ; mort, en lambeau ou entier sur palangrotte et à la traîne ; et en chair pour le broumé/amorçage. Attention : le thon rouge est une espèce très réglementée, sa pêche de loisir est strictement encadrée (autorisation, marquage, quotas) — se renseigner avant de le cibler.
Matériel conseilléCanne légère à action souple (1-3 m selon pêche du bord ou en bateau), moulinet de petite taille garni de tresse fine ou de nylon 14-20/100, bas de ligne mitraillette à hameçons n°10-16, plomb de 10 à 40 g selon profondeur et courant. Une épuisette à maille fine et un seau aéré/vivier si l'objectif est de constituer un stock d'appâts vivants.

📋 Réglementation

Taille légaleÀ ce jour, il n'existe pas de taille minimale de capture dédiée à l'anchois en pêche de loisir aussi largement connue que celle du bar ou de la sole ; en pêcherie professionnelle, une taille minimale de débarquement s'applique selon les zones. Se référer impérativement à la réglementation en vigueur sur votre façade (préfecture maritime / DIRM) avant de conserver des captures.
FermetureEn mer, il n'y a pas, pour le pêcheur de loisir, de période de fermeture ni de catégorie comme en eau douce pour cette espèce. La pêche professionnelle de l'anchois est en revanche très encadrée par des quotas et des plans de gestion (notamment le stock du Golfe de Gascogne, historiquement fermé à la pêche pro de 2005 à 2010 pour reconstitution). Ces mesures ne visent pas directement le loisir mais témoignent de la fragilité du stock. Se référer à la réglementation en vigueur.
QuotaPas de quota de pièces/jour spécifique à l'anchois en loisir à notre connaissance ; respecter un prélèvement raisonnable. Vérifier les arrêtés locaux, qui peuvent fixer des limites globales de capture de loisir. Se référer à la réglementation en vigueur.
Bonnes pratiquesPour toute espèce soumise à taille minimale capturée en pêche de loisir, le marquage des captures est obligatoire (ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale). En pratique cela ne concerne pas l'anchois faute de maille loisir dédiée, mais la règle reste à connaître et s'applique notamment au bar. La revente est strictement interdite pour le pêcheur de loisir. L'anchois est une espèce non venimeuse et sans danger de manipulation ; attention en revanche, dans les mêmes coups de filet/épuisette, à ne pas saisir à mains nues des espèces venimeuses comme la vive ou la rascasse (épines dorsales venimeuses, piqûres très douloureuses). Prélever avec mesure : c'est un maillon clé de la chaîne alimentaire, ne ramener que ce qui sera consommé.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Cherchez les chasses de surface et les oiseaux : un banc d'anchois affolé signale souvent des bars ou des bonites dessous, double intérêt pour le pêcheur.
  • Pêchez au crépuscule et de nuit près des lumières de port ou de digue : le plancton attiré concentre les bancs et démultiplie les touches.
  • Adaptez la profondeur de la mitraillette à l'heure : plus près de la surface la nuit, plus profond le jour, en lisant le sondeur.
  • Pour conserver l'anchois comme appât vivant, utilisez un vivier bien oxygéné et manipulez-le le moins possible : c'est un poisson fragile qui meurt vite hors de l'eau.
  • Glacez immédiatement vos prises destinées à la table : la chair, grasse, se dégrade très rapidement à température ambiante.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Confondre l'anchois avec le sprat ou la sardine : l'anchois a un museau pointu saillant et une bouche fendue très en arrière de l'oeil, contrairement à la bouche petite et terminale de la sardine.
  • Laisser les anchois au soleil ou sans glace : leur chair grasse s'oxyde et tourne en quelques heures, gâchant prises de table comme appâts.
  • Surstocker un vivier : trop d'anchois dans un seau mal oxygéné les tue en quelques minutes ; mieux vaut renouveler régulièrement l'eau et limiter la densité.
  • Croire qu'on attrape l'anchois à l'appât naturel : c'est un planctonophage, il se prend sur les minuscules leurres des mitraillettes, pas sur un ver ou un morceau de poisson.
🍽️
En cuisine
Poisson gras à la chair fine et savoureuse, pilier de la cuisine méditerranéenne et basque. Frais, il se déguste frit (fritto misto), grillé, ou mariné cru au vinaigre et à l'huile d'ail-persil (style boquerones espagnols). Sa transformation la plus célèbre reste la salaison : anchois salés ou à l'huile, base de l'anchoïade provençale, de la pissaladière niçoise et de nombreuses sauces. Riche en oméga-3. À consommer ou transformer très rapidement après capture car la chair est extrêmement périssable ; pour une consommation crue ou marinée, une congélation préalable (au moins 24 h à -20 °C) est recommandée par précaution sanitaire (anisakis).
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