Fishera
Lamproie de rivière

Lamproie de rivière

Lampetra Fluviatilis
🐟 Eau douce

Une migratrice archaïque sans mâchoires, parasite en mer et jeûneuse en rivière, protégée et en fort déclin.

  • Taille : 25-35 cm
  • Record : environ 50 cm
  • Poids max : 50-150 g
  • Régime : Parasite hématophage en mer, jeûne total en rivière
  • Difficulté : Pêche très encadrée à interdite
  • Longévité : 6-8 ans (dont 4-6 en phase larvaire)
  • Maturité : À la migration de reproduction

🐟 Biologie & identification

La Lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis) est un agnathe, c'est-à-dire un vertébré sans mâchoires — un groupe très archaïque, apparu bien avant les poissons osseux. Migratrice amphihaline, elle naît en rivière, y passe plusieurs années enfouie à l'état larvaire, descend en mer pour une phase parasite, puis remonte se reproduire et meurt. Elle est protégée et inscrite à la Directive Habitats ; ses populations françaises ont fortement décliné avec la multiplication des obstacles à la migration. Le catalogue comporte déjà la lamproie marine et la lamproie de Planer : celle-ci est intermédiaire par la taille et migratrice comme la première.

IdentificationCorps anguilliforme, lisse et sans écailles, à peau visqueuse. Elle n'a ni mâchoires ni nageoires paires : la bouche est un disque buccal circulaire garni de dents cornées, et sept paires d'orifices branchiaux s'alignent en arrière de l'œil, caractère immanquable des lamproies. Elle se distingue de la lamproie marine (jusqu'à 1 m, marbrée) par sa taille bien plus modeste et sa robe gris-bleu à dos sombre ; de la lamproie de Planer (non migratrice, 12-16 cm) par sa taille supérieure et sa dentition plus développée.
HabitatLes larves (ammocètes) vivent enfouies plusieurs années dans les dépôts de sables et limons fins des zones calmes de rivière. Les adultes remontent les fleuves et rivières jusqu'aux zones de graviers propres en courant, où a lieu le frai. En phase marine, l'espèce fréquente les eaux côtières et les estuaires.
Répartition en FranceBassins de la façade Manche-Atlantique : Loire, Vilaine, Sèvre, Garonne-Dordogne, Adour, ainsi que la Seine et les fleuves normands et bretons. Les populations sont fragmentées par les barrages et seuils ; l'espèce a disparu de la partie amont de la plupart de ses bassins historiques.
ComportementMigratrice : la remontée en eau douce a lieu de l'automne au printemps, souvent de nuit. Les adultes cessent totalement de s'alimenter dès leur entrée en rivière et vivent sur leurs réserves jusqu'au frai. Ils se fixent aux pierres par leur ventouse buccale pour se reposer dans le courant.
AlimentationEn mer, elle est hématophage : elle se fixe par sa ventouse sur des poissons (harengs, aloses, salmonidés) et se nourrit de sang et de tissus, sans généralement tuer son hôte. En rivière, à partir de la montaison, elle jeûne complètement et son tube digestif régresse.
ReproductionFrai au printemps (mars-mai) sur les radiers de graviers propres. Les adultes creusent une cuvette en déplaçant les cailloux avec leur ventouse. La femelle pond plusieurs milliers d'œufs, puis les géniteurs meurent après la reproduction (semelparité). Les larves aveugles, les ammocètes, s'enfouissent dans les sédiments fins et y filtrent des micro-organismes pendant 4 à 6 ans avant de se métamorphoser et de dévaler vers la mer.
Croissance & maturitéLongue phase larvaire de 4 à 6 ans (de quelques millimètres à une douzaine de centimètres), suivie d'une phase marine de 1 à 2 ans pendant laquelle la croissance est rapide, jusqu'à 25-35 cm.

🎣 Où & comment le pêcher

Régime très restrictif — vérification obligatoire
La lamproie de rivière est une espèce protégée au titre de la Directive Habitats et fait l'objet d'un encadrement strict. Pour le pêcheur amateur en eau douce, aucune pêche ciblée n'est ouverte : elle ne doit être ni recherchée ni conservée. Des pêcheries professionnelles historiques existent localement en estuaire pour les lamproies, sous licence, quotas et périodes fixés par arrêté — un régime qui ne concerne en rien la pêche de loisir.
Que faire en cas de capture accidentelle
Une lamproie peut se fixer sur un poisson que vous remontez, ou être capturée involontairement lors d'une pêche au fond en période de montaison. Ne l'arrachez jamais d'un poisson par la force : laissez-la se décrocher dans l'eau. Remettez-la à l'eau immédiatement et signalez l'observation à la fédération de pêche, les données de montaison étant précieuses pour le suivi des migrateurs.
Meilleurs postesSans objet pour la pêche de loisir. Zones de passage connues : parties basses des fleuves, passes à poissons, radiers de graviers en amont des estuaires.
Profondeurs & couches d'eauVariable en montaison ; frai sur radiers de 20 cm à 1 m. Larves enfouies dans les dépôts fins des zones calmes.
Conditions idéalesMontaison favorisée par les eaux fraîches, les débits soutenus et l'obscurité ; l'espèce progresse surtout de nuit.
Meilleurs momentsMigration essentiellement nocturne.
Appâts & leurresSans objet — aucune pêche de loisir ciblée n'est autorisée.
Matériel conseilléSans objet. En cas de capture accidentelle, un décrochage dans l'eau, sans arrachage, est la seule manipulation acceptable.

📋 Réglementation

Taille légaleSans objet pour la pêche de loisir : aucune pêche ciblée autorisée.
FermetureEspèce protégée au titre de la Directive Habitats (annexes II et V). Aucune période d'ouverture pour la pêche de loisir.
QuotaZéro pour le pêcheur amateur.
Bonnes pratiquesEspèce inscrite aux annexes II et V de la Directive Habitats-Faune-Flore et couverte par la réglementation française sur les poissons migrateurs amphihalins. La pêche de loisir ne la vise pas : capture, détention et transport sont à proscrire. Seules des pêcheries professionnelles estuariennes encadrées (licence, quotas, périodes définies par arrêté préfectoral, plans de gestion des poissons migrateurs) peuvent la concerner localement. Les règles varient par bassin (COGEPOMI) : vérification locale indispensable, et en cas de doute, remise à l'eau immédiate.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Comptez les sept orifices branchiaux derrière l'œil : c'est la signature immanquable d'une lamproie.
  • Ne confondez pas avec la lamproie marine (jusqu'à 1 m, robe marbrée) ni avec la lamproie de Planer (12-16 cm, non migratrice).
  • Ne l'arrachez jamais d'un poisson sur lequel elle s'est fixée : laissez-la lâcher prise dans l'eau.
  • Signalez toute observation en montaison à votre fédération : ces données alimentent le suivi des migrateurs.
  • Respectez les radiers de graviers au printemps : les cuvettes de frai sont fragiles et faciles à piétiner.
  • Sur les bassins à migrateurs, informez-vous du plan de gestion (COGEPOMI) : les règles y sont spécifiques et évoluent.
  • La restauration de la continuité écologique — effacement de seuils, passes à poissons — est la mesure la plus déterminante pour l'espèce.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • La prendre pour une anguille : l'anguille a des mâchoires, des nageoires paires et une seule ouverture branchiale de chaque côté.
  • L'arracher d'un poisson hôte, ce qui blesse gravement les deux animaux.
  • La conserver « parce qu'elle est comestible » : la pêche de loisir n'y donne pas droit.
  • Confondre le régime professionnel estuarien encadré avec une autorisation générale de pêche.
  • Piétiner les radiers de graviers en période de frai printanière.
  • Ignorer que ses larves passent des années enfouies dans les sédiments : curer ces dépôts détruit des classes d'âge entières.
🍽️
En cuisine
La lamproie est un mets traditionnel du Sud-Ouest (lamproie à la bordelaise), mais cette préparation concerne la lamproie marine issue de pêcheries professionnelles encadrées. Pour la lamproie de rivière, la pêche de loisir n'autorise aucun prélèvement : sa consommation depuis une capture personnelle est exclue.
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