Fishera
Dorade Rose (Pageot Rose)
Dorade Rose (Pageot Rose) (Pagellus Bogaraveo)

Dorade Rose (Pageot Rose)

Pagellus Bogaraveo
🌊 Mer / océan

L'aristocrate rose des fonds profonds de l'Atlantique, combative et délicieuse.

  • Taille : 25-40 cm courant
  • Record : environ 50-55 cm / autour de 3 kg pour les très gros sujets
  • Poids max : 0,3-1 kg courant
  • Régime : Carnivore
  • Difficulté : Confirmé
  • Longévité : 15-20 ans et plus
  • Maturité : 2-4 ans

🐟 Biologie & identification

La dorade rose, ou pageot rose (Pagellus bogaraveo), est un sparidé de profondeur reconnaissable à sa robe rosée argentée et à la tache sombre caractéristique située sur l'épaule, juste au-dessus de l'origine de la ligne latérale, à l'arrière de l'opercule. C'est l'espèce de pageot la plus prisée et l'une des plus combatives du genre Pagellus. On la confond parfois avec le pageot commun (Pagellus erythrinus) et le pageot acarné (Pagellus acarne), dont elle se distingue par sa tache scapulaire et surtout par son très grand oeil. Espèce démersale profonde, elle vit en bancs sur les fonds durs et le talus continental. En France, elle est notamment recherchée dans le golfe de Gascogne (large du Pays basque, Gouf de Capbreton), mais sa présence en Atlantique Nord-Est est en réalité large : on la rencontre aussi en mer Celtique, dans le golfe de Gascogne plus septentrional et, plus ponctuellement, jusqu'en Manche. Côté espagnol elle est appelée 'besugo'.

IdentificationCorps ovale, haut et comprimé latéralement, robe rose argenté à reflets dorés, ventre plus clair. Tache sombre (noirâtre à bleu-noir) sur le haut de l'épaule, à l'origine de la ligne latérale (en arrière du bord supérieur de l'opercule) ; elle est surtout marquée chez les sujets de bonne taille et peut être discrète, voire absente, chez les jeunes. Oeil remarquablement grand, nettement plus développé que chez les autres pageots (adaptation à la vie profonde) : c'est l'un des critères les plus fiables. Nageoires souvent teintées de rose. À ne pas confondre : pageot commun (P. erythrinus, sans grande tache scapulaire nette, oeil plus petit), pageot acarné (P. acarne, tache sombre à la base/aisselle de la pectorale et non sur l'épaule, taille plus modeste), ni avec la dorade royale (Sparus aurata, bande dorée frontale entre les yeux, corps gris-argent).
HabitatEspèce démersale de profondeur fréquentant les fonds rocheux, sableux-vaseux et le talus continental. Les jeunes vivent sur des fonds relativement côtiers (de quelques dizaines de mètres à environ 100 m), tandis que les adultes gagnent des profondeurs plus importantes, classiquement entre 150 et 400 m, parfois davantage. La pêche se pratique surtout en fond profond, à la verticale depuis un bateau, le long des accores, des têtes de roche et des tombants du talus.
Répartition en FranceAtlantique Nord-Est, de la Norvège et de l'ouest de la Grande-Bretagne jusqu'aux côtes du Sénégal, en passant par la Macaronésie ; présente également, plus ponctuellement, en Méditerranée occidentale. EN FRANCE : recherchée surtout dans le golfe de Gascogne, en particulier au large du Pays basque (canyon/Gouf de Capbreton) où elle fait l'objet d'une pêche réputée. On la trouve aussi plus au nord au-dessus des accores profondes (Gascogne septentrionale, mer Celtique) et, de façon plus marginale, jusqu'en Manche occidentale. En Méditerranée française elle reste plus localisée, sans pêcherie de loisir réellement ciblée. C'est avant tout, pour le pêcheur français, une espèce atlantique de fond profond.
ComportementPoisson grégaire formant des bancs souvent structurés par taille, se tenant près du fond ou en pleine eau juste au-dessus des fonds durs et des tombants. Il effectue des déplacements bathymétriques saisonniers, tendant à se rapprocher de fonds moins profonds en saison froide et de reproduction, et à regagner le talus le reste de l'année. Mordeur franc, il offre une défense puissante par paliers une fois piqué, accentuée par la profondeur de pêche.
AlimentationCarnivore opportuniste : petits poissons, céphalopodes (calmar, seiche), crustacés (crevettes, petits crabes), vers et mollusques. Le régime varie avec la profondeur et la taille du poisson.
ReproductionEspèce à sexualité complexe, souvent décrite comme hermaphrodite protandre dans une partie des populations (certains individus mâles devenant femelles), avec des variations selon les secteurs. La reproduction a généralement lieu de l'automne à la fin de l'hiver / au début du printemps selon les zones (souvent autour de janvier-mars dans le golfe de Gascogne). La maturité est atteinte vers 2 à 4 ans, pour une taille de l'ordre de 20 à 30 cm. Ponte pélagique.
Croissance & maturitéCroissance lente, typique des espèces profondes, ce qui rend cette espèce sensible à la surpêche. Maturité sexuelle vers 2 à 4 ans. Longévité élevée, pouvant dépasser 15 à 20 ans pour les plus gros sujets. Les beaux spécimens (de l'ordre de 1,5 kg et plus) sont des poissons âgés ; ils méritent d'être prélevés avec mesure.

🎣 Où & comment le pêcher

Pêche à soutenir / palangrotte de fond profond (bateau)
Technique reine pour la dorade rose. Montage type palangrotte/empile à plusieurs hameçons (potence) avec plomb en bout, descendu au plus près du fond sur les accores et têtes de roche, typiquement entre 80 et 400 m. On laisse poser puis on soutient légèrement, le banc mordant souvent juste au-dessus du fond.
Dandine / pêche au leurre lourd profond
Jigs et leurres souples sur têtes plombées lourdes (de l'ordre de 100 à 300 g et plus selon la profondeur et le courant), animés en dandine au ras du fond. Efficace sur les sujets actifs au-dessus des tombants.
Mitraillette plombée profonde
Train de plumes/sabikis montés sur empile renforcée et fortement lestés, descendu sur le banc. Permet des doublés/triplés quand le banc est concentré ; technique courante côté basque. À utiliser avec mesure pour ne pas prélever excessivement.
Meilleurs postesAccores, tombants et têtes de roche du talus continental ; secteurs profonds du golfe de Gascogne, en particulier les abords du Gouf de Capbreton et les fonds rocheux du large du Pays basque. Repérer les bancs au sondeur au-dessus des structures avant de descendre.
Profondeurs & couches d'eauAdultes surtout entre 150 et 400 m ; jeunes et sujets moyens dès quelques dizaines de mètres à 100 m. La dorade rose se pêche essentiellement en fond profond depuis un bateau ; la pêche du bord est marginale.
Conditions idéalesMer maniable indispensable compte tenu de la profondeur et de la dérive. Courants modérés permettant de tenir le fond. Les périodes de rapprochement hivernal vers des fonds plus accessibles sont souvent favorables côté basque.
Meilleurs momentsMord toute la journée en profondeur ; les changements de marée ainsi que l'aube et le crépuscule peuvent intensifier l'activité du banc. La luminosité de surface compte moins qu'en pêche côtière.
Appâts & leurresLanières de calmar/encornet (très efficaces et tenaces à l'hameçon), seiche, sardine et maquereau en lamelles, crevette, lançon, morceaux de poisson. Le calmar reste l'appât de référence.
Matériel conseilléCanne à tataki / pêche profonde puissante ou ensemble jig profond, moulinet à bon ratio garni de tresse fine (PE 1,5 à 3) pour limiter la dérive, bas de ligne fluorocarbone d'environ 0,30 à 0,45 mm, hameçons forts de fer n°1 à 2/0, plombs lourds de 100 à 400 g. Un moulinet électrique se justifie sur les très grandes profondeurs.

📋 Réglementation

Taille légaleUne taille minimale de capture de l'ordre de 33 cm est fréquemment retenue pour le pageot/dorade rose en Atlantique, mais elle peut varier selon la façade, la zone et la période : se référer impérativement à la réglementation en vigueur sur le secteur concerné avant toute capture.
FermetureEn mer, il n'existe pas de système de fermeture par catégorie comme en eau douce. Il n'y a pas de période de fermeture spécifique généralisée pour la dorade rose en pêche de loisir, mais cette espèce profonde est sensible et peut faire l'objet de mesures particulières (zones réglementées, encadrement des pêcheries profondes) : se référer à la réglementation en vigueur.
QuotaIl n'existe pas de quota de loisir spécifique largement établi pour cette espèce, contrairement par exemple au bar ou au thon rouge (ce dernier étant très strictement encadré : autorisation, marquage et déclaration obligatoires). Vérifier les éventuelles limites locales et appliquer une autolimitation raisonnable, l'espèce étant à croissance lente. Se référer à la réglementation en vigueur.
Bonnes pratiquesMarquage obligatoire des captures soumises à taille minimale en pêche de loisir en mer : ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale dès la capture. Revente strictement interdite (pêche de loisir). Le no-kill est possible en théorie, mais la remontée depuis grande profondeur provoque une décompression (dilatation de la vessie natatoire) souvent fatale, rendant le relâcher peu efficace : d'où l'intérêt d'une pêche raisonnée et sélective. Attention par ailleurs, sur ces mêmes fonds, aux espèces venimeuses pouvant être capturées (vives, rascasses) : manipuler avec précaution les épines, dont les piqûres sont douloureuses.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Privilégiez le calmar/encornet en lanières : c'est l'appât le plus tenace et l'un des plus sélectifs sur les beaux pageots roses, il tient bien à l'hameçon malgré la longue descente.
  • Pêchez au plus près du fond et soutenez légèrement : le banc se tient souvent juste au-dessus des têtes de roche et des tombants. Repérez-le au sondeur avant de descendre.
  • Utilisez une tresse fine (PE 1,5 à 3) pour limiter la prise au courant et garder le contact à 200-400 m ; un moulinet électrique se justifie sur les très grandes profondeurs.
  • Compte tenu de la croissance lente et de la sensibilité de l'espèce, autolimitez vos prélèvements : gardez quelques poissons à taille de consommation plutôt que de prélever le banc entier.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Confondre la dorade rose avec le pageot commun ou le pageot acarné : vérifiez la position de la tache sombre (sur l'épaule, à l'origine de la ligne latérale, et non à la base de la pectorale) et le très grand oeil, sous peine d'erreur d'identification et de maille.
  • Croire qu'on peut relâcher efficacement les sujets remontés de grande profondeur : la décompression (vessie natatoire dilatée, yeux exorbités) est généralement fatale ; sélectionnez vos profondeurs et limitez la casse plutôt que de compter sur le no-kill.
  • Sous-plomber : à 200-400 m avec du courant, un lest insuffisant fait décoller du fond et rate complètement le banc.
  • Oublier le marquage réglementaire (ablation de la partie inférieure de la caudale) des captures soumises à taille minimale, obligatoire en pêche de loisir en mer.
  • Manipuler sans précaution les prises accessoires : sur ces fonds, vives et rascasses (venimeuses) peuvent mordre ; leurs piqûres sont douloureuses.
🍽️
En cuisine
Chair blanche, fine et savoureuse, très réputée : c'est l'un des sparidés les plus appréciés sur le plan gastronomique (le 'besugo' est un mets de fête en Espagne, notamment à Noël). Excellente au four entière sur lit de pommes de terre, à la plancha, grillée, ou en filets poêlés ; la peau croustille bien. Écaillage et éviscération soignés. La fraîcheur se reconnaît à l'oeil bombé et aux couleurs vives. Attention aux arêtes, comme chez beaucoup de daurades.
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