Fishera
Requin Bleu (Peau Bleue)
Requin Bleu (Peau Bleue) (Prionace Glauca)

Requin Bleu (Peau Bleue)

Prionace Glauca
🌊 Mer / océan

Le bleu profond du grand large atlantique — élégant, rapide, première rencontre de requin pour de nombreux pêcheurs hauturiers français.

  • Taille : 1,8 – 3,3 m
  • Record : IGFA All-Tackle : 205,9 kg (Montauk, NY, 2001) ; France : ~3,45 m signalé
  • Poids max : 30 – 200 kg
  • Régime : Carnassier pélagique (céphalopodes, poissons, crustacés)
  • Difficulté : Confirmé
  • Longévité : 20 – 25 ans
  • Maturité : 5 – 6 ans

🐟 Biologie & identification

Le requin bleu (Prionace glauca), appelé 'peau bleue' par les pêcheurs hauturiers français, est le requin le plus abondant des océans tempérés et l'un des plus fréquemment rencontrés au large des côtes atlantiques françaises. Reconnaissable à sa couleur bleue profonde sur le dos et ses flancs, contrastant avec un ventre blanc immaculé, il est l'espèce pélagique par excellence du golfe de Gascogne. Curieux et acrobatique, il suit volontiers les bateaux et constitue souvent la première rencontre de requin pour les pêcheurs hauturiers. Classé 'quasi-menacé' par l'UICN du fait de sa forte pression par les pêcheries de palangre mondiales.

IdentificationCorps extrêmement élancé et hydrodynamique, avec de longues nageoires pectorales falciformes caractéristiques — presque aussi longues que la tête et le tronc réunis. Coloration bleu indigo intense sur le dos, bleu ciel sur les flancs, blanc pur sur le ventre. Museau long et pointu, yeux grands et circulaires. Dents fines et tranchantes en forme de triangles dentelés. Sa silhouette fine et élancée le distingue de tous les autres requins communs de l'Atlantique.
HabitatEspèce pélagique épipélagique et mésopélagique, vivant principalement dans les 100 premiers mètres de la colonne d'eau mais capable de plonger à 350 m. Préfère les eaux tempérées froides à tempérées (7-16 °C optimales, jusqu'à 21 °C), souvent associée aux zones de convergence et aux upwellings. Suit les fronts de température.
Répartition en FrancePrésent dans les eaux françaises métropolitaines, principalement en Atlantique : golfe de Gascogne à partir du plateau continental (au-delà des 100-200 m de fond), côtes basques et landaises au large, et de manière plus anecdotique en Méditerranée (passes de courant). Les mois de mai à octobre offrent les meilleures probabilités de rencontre pour les pêcheurs hauturiers au large des côtes françaises. C'est la seule espèce de requin pélagique régulièrement accessible à la plaisance française.
ComportementTrès curieux et peu craintif, le requin bleu s'approche volontiers des bateaux et tourne en cercles de plus en plus serrés autour d'une traîne ou d'un chum. Comportement social complexe : des groupes d'adultes de même sexe et de même taille sont fréquemment observés ensemble (ségrégation sexuelle). Capable de migrations transoéaniques impressionnantes (circuits de plusieurs milliers de kilomètres suivant les courants gyraux). Peu agressif envers les humains en dehors des situations de chumming intensif.
AlimentationOpportuniste pélagique se nourrissant principalement de céphalopodes (calmars, poulpes), de petits poissons pélagiques (maquereaux, harengs, sardines), de crustacés et parfois de déchets de pêche. Suit les bancs de calmars en migration et les zones riches en zooplancton.
ReproductionViviparité placentaire. Portées de 4 à 135 petits (généralement 25-50 ; 135 est un maximum exceptionnel rarement atteint) après une gestation de 9-12 mois — parmi les plus grandes portées des requins vivipares. Les petits naissent à 40-51 cm. Maturité sexuelle relativement précoce (5-6 ans). Malgré sa forte fécondité relative, l'espèce est fortement impactée par les prises accessoires des palangres mondiales.
Croissance & maturitéCroissance modérément rapide en début de vie, atteignant 1,5 m vers 5 ans. Les grandes femelles dépassant 3 m sont des animaux matures de plus de 10-15 ans. La longévité est d'environ 20-25 ans. Sa fécondité plus importante que les autres grandes espèces lui confère une résilience relative, mais insuffisante face à la pression de pêche mondiale actuelle.

🎣 Où & comment le pêcher

Dérive au flotteur avec berleyage (chumming) — technique française classique
Technique la plus répandue en France pour le requin bleu hauturier : moteur coupé au-dessus du talus continental (200-500 m de fond), traîne olfactive créée avec une 'chum bag' (filet contenant des viscères et arêtes broyées), puis présentation d'un maquereau ou d'une sardine sur un bas de ligne câble acier à différentes profondeurs (0-20 m) avec des flotteurs. Le requin bleu arrive souvent dans les 20 à 60 minutes.
Traîne lente en pleine mer
Traîner des leurres ou des appâts naturels à faible vitesse (3-4 nœuds) au-dessus du talus et de la pente continentale. Le requin bleu peut mordre sur des leurres colorés ou des poissons-appâts. Moins ciblé que le chumming mais permet de couvrir de la distance.
Appâtage à la palangre dérivante courte (sportive)
5 à 10 avançons câble acier avec appâts naturels disposés à différentes profondeurs sur une palangre légère dérivante. Technique intermédiaire entre la palangre professionnelle et la pêche à la ligne, pratiquée au large par certains plaisanciers hauturiers.
Meilleurs postesAu-delà de 100 m de fond sur le talus continental atlantique, canyons sous-marins, zones de convergence thermique repérables par changement de couleur d'eau. Les zones de pêche thonière sont souvent aussi des zones à requins bleus.
Profondeurs & couches d'eau0 à 100 m principalement, souvent en surface et subsurface lors du chumming.
Conditions idéalesMer belle à légèrement agitée (force 1-3 Beaufort), eau tempérée (12-18 °C), présence de plancton ou de petits poissons pélagiques. La couleur de l'eau passant de vert-gris côtier à bleu profond indique souvent la présence d'eau pélagique favorable.
Meilleurs momentsActif tout au long de la journée, avec des pics d'activité en subsurface le matin et le soir. Le chumming peut déclencher des attaques à n'importe quelle heure.
Appâts & leurresMaquereau entier ou demi-maquereau (appât roi du requin bleu en France), sardine, calmar, hareng. La fraîcheur de l'appât est cruciale — éviter les appâts décongelés trop longtemps.
Matériel conseilléCanne big game 30-50 lb, moulinet à grande capacité (300-400 m de 40 lb), avançon câble acier 40-60 kg (80 cm minimum), hameçons circulaires 8/0-12/0. Chum bag en filet avec des appâts broyés, cordes de sécurité pour travailler à bord lors du combat.

📋 Réglementation

Taille légalePas de maille légale nationale spécifique pour la plaisance en France actuellement. Recommandation scientifique : no-kill total. Les prises accidentelles par la pêche professionnelle sont soumises aux règlements UE et ICCAT — se référer aux textes en vigueur.
FermeturePas de fermeture saisonnière spécifique en France pour la plaisance. Les restrictions professionnelles sont régies par les règlements ICCAT et UE. Se référer aux arrêtés annuels.
QuotaLe requin bleu fait l'objet de recommandations de gestion ICCAT dans l'Atlantique nord. Les captures par la plaisance française ne sont pas quotées mais le no-kill est fortement conseillé compte tenu du statut 'quasi-menacé' de l'espèce. Tout débarquement commercial est soumis à réglementation.
Bonnes pratiquesNo-kill vivement recommandé et soutenu par toutes les associations de pêche sportive hauturière françaises. Remise à l'eau rapide, animal maintenu à l'eau lors de la mesure et de la photo, décrochage au plus vite. Ne jamais couper les nageoires (shark finning illégal en France et dans l'UE). Signalement des captures à l'Ifremer (programme de baguage actif).
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Le requin bleu est curieux : restez patient après avoir mis la chum bag à l'eau — il peut tourner autour du bateau 30 à 60 minutes avant de mordre.
  • Pratiquez systématiquement le no-kill : cette espèce quasi-menacée est la clé de voûte de l'écosystème pélagique atlantique.
  • Participez au programme de baguage Ifremer : les données de migrations du requin bleu sont scientifiquement précieuses et votre contribution compte.
  • Emportez des hameçons circulaires exclusivement : ils minimisent les blessures internes et facilitent la remise à l'eau vivant.
  • La limite entre eaux côtières verdâtres et eaux bleues pélagiques est votre meilleur repère : cherchez ce front thermique avec votre sondeur et votre capteur de température.
  • Sortez avec un GPS et une VHF opérationnelle : pêcher au-delà du plateau continental exige des équipements de sécurité irréprochables.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Ramener un requin bleu à bord pour la photo : inutile, stressant pour l'animal, et risqué — mesurez-le à l'eau en le tenant par la base de la caudale et par la nageoire pectorale.
  • Utiliser du monofilament en bas de ligne : la peau de requin agit comme du papier de verre et sectionne le mono en quelques secondes de frottement.
  • Attendre trop longtemps pour remettre à l'eau : au-delà de 2-3 minutes hors de l'eau, la survie post-relâche chute drastiquement.
  • Négliger les règles de sécurité hauturière : le golfe de Gascogne peut se lever très vite — ne pêchez jamais au large seul ou sans équipement de survie.
  • Croire que tous les requins bleus sont identiques : les femelles sont beaucoup plus grandes que les mâles — un spécimen de +2,5 m est très probablement une femelle adulte.
🍽️
En cuisine
Le requin bleu est légalement débarqué dans certains pays mais sa chair est de qualité médiocre et fortement ammoniaquée (teneur élevée en urée), nécessitant un traitement prolongé pour être consommable. Elle accumule également des métaux lourds (mercure) à des niveaux préoccupants pour un grand prédateur pélagique. En France, la pratique du no-kill est la norme en pêche sportive, rendant la question culinaire non pertinente pour la grande majorité des pêcheurs hauturiers. Sa consommation n'est pas recommandée.
Chargement…