Fishera
Requin-Hâ (Milandre)
Requin-Hâ (Milandre) (Galeorhinus Galeus)

Requin-Hâ (Milandre)

Galeorhinus Galeus
🌊 Mer / océan

Le requin côtier élégant de l'Atlantique, combattant racé devenu vulnérable.

  • Taille : 120-160 cm
  • Record : ~190 cm / 30 kg (FR)
  • Poids max : 7-18 kg
  • Régime : Carnivore / piscivore
  • Difficulté : Confirmé
  • Longévité : 30-55 ans
  • Maturité : 8-13 ans

🐟 Biologie & identification

Le requin-hâ (Galeorhinus galeus), aussi appelé milandre, est un requin côtier et démersal de la famille des Triakidae, au corps fuselé et élancé, de couleur gris ardoise à brun-gris sur le dos et plus clair sur le ventre. C'est une espèce migratrice de taille moyenne (souvent 1,2 à 1,6 m, les femelles pouvant approcher 1,9 m), longévive et à croissance lente, ce qui la rend particulièrement sensible à la surpêche. Inoffensif pour l'homme, c'est un prédateur actif des fonds côtiers et du plateau continental.

IdentificationOn le reconnaît à son museau allongé et pointu, ses grands yeux ovales et oblongs, et surtout à sa seconde nageoire dorsale nettement plus petite que la première et à peu près de la même taille que la nageoire anale. La caudale présente un lobe inférieur bien développé avec une encoche terminale (lobe sub-terminal) caractéristique. Il ne possède PAS d'épines dorsales venimeuses, ce qui le distingue de l'aiguillat (Squalus acanthias), avec lequel il est parfois confondu ; on peut aussi le confondre avec les émissoles (Mustelus spp.), au museau et aux dents plus aplaties.
HabitatEspèce démersale fréquentant les fonds sableux, vaseux et de gravier du plateau continental, depuis la zone côtière jusqu'à plus de 400 m de profondeur (parfois davantage). On le trouve souvent dans des eaux relativement tempérées et profondes, mais il se rapproche des côtes et des estuaires à la belle saison, notamment pour la mise bas dans des nourriceries côtières peu profondes. Il effectue d'importantes migrations saisonnières.
Répartition en FrancePrésent sur la façade atlantique française (golfe de Gascogne) et en Manche, plus localement et plus rare en Méditerranée. C'est une espèce devenue peu commune : classée Vulnérable au niveau mondial et Quasi menacée à En danger selon les évaluations régionales (UICN), ses populations ont fortement décliné en Atlantique Nord-Est. Une capture reste donc un événement notable et non un poisson de pêche courante.
ComportementEspèce grégaire formant parfois des bancs structurés par taille et par sexe, avec des ségrégations sexuelles marquées lors des migrations. Chasseur actif surtout aux heures crépusculaires et nocturnes, il se déplace beaucoup au gré des saisons et de la température de l'eau. Combatif et endurant une fois ferré, il offre de longues courses puissantes.
AlimentationCarnivore principalement piscivore, il se nourrit de poissons de fond et de pleine eau (sardines, maquereaux, merlans, tacauds, congres, petits gadidés), mais aussi de céphalopodes (calmars, seiches, poulpes) et de crustacés. Les jeunes consomment davantage d'invertébrés benthiques. La chasse s'effectue surtout près du fond et lors des phases de faible luminosité.
ReproductionEspèce ovovivipare (vivipare aplacentaire) : la femelle porte ses œufs puis donne naissance à des petits formés après une gestation longue d'environ 12 mois. Les portées comptent généralement de 20 à 35 jeunes (parfois davantage), mis bas dans des nourriceries côtières peu profondes. La maturité tardive (8-13 ans) et la faible fécondité expliquent la grande vulnérabilité de l'espèce.
Croissance & maturitéCroissance lente et longévité élevée (couramment 30 à 50 ans, parfois plus), avec une maturité sexuelle atteinte tardivement vers 8 à 13 ans selon le sexe. Les femelles deviennent plus grandes que les mâles. Cette stratégie de vie en fait une espèce qui se reconstitue très lentement après une exploitation, d'où l'importance d'un relâcher soigné des prises.

🎣 Où & comment le pêcher

Pêche au posé sur le fond (surfcasting lourd / pêche du bord profonde)
Montage de fond résistant avec gros bas de ligne, plomb débrayable possible, à proximité des fosses, chenaux et tombants. Le hâ se prend surtout de nuit ou au crépuscule, en pêchant près du fond là où il chasse.
Pêche en dérive ou au mouillage depuis le bateau
Pêche à l'appât naturel sur le plateau continental, parfois en dérive contrôlée au-dessus des fonds sableux/vaseux. La canne tenue en main ou bien calée permet de gérer les longues courses du poisson.
Pêche au broumé / amorçage (chumming)
Diffusion d'une traînée odorante de poissons broyés et d'huile pour attirer les squales vers le bateau, technique employée pour les requins côtiers de Gascogne. À pratiquer dans le respect de la réglementation et de l'éthique du no-kill.
Meilleurs postesAbords des fosses, chenaux profonds, tombants et zones de transition sable/vase du plateau continental ; estuaires et baies profondes du golfe de Gascogne et de la Manche à la belle saison, là où se concentrent les bancs de poissons-fourrage.
Profondeurs & couches d'eauTrès variable : de quelques mètres en zone côtière et estuarienne en été jusqu'à plus de 400 m sur le plateau. Souvent recherché entre 20 et 100 m près du fond.
Conditions idéalesEaux tempérées, période chaude (printemps-été-début automne) quand l'espèce se rapproche des côtes. Pêche souvent plus productive de nuit, au crépuscule ou par temps couvert, avec un courant modéré favorisant la diffusion des odeurs.
Meilleurs momentsActivité maximale au crépuscule et la nuit, ainsi qu'au lever du jour. Les marées et la tombée de la nuit sont des moments clés depuis le bord comme en bateau.
Appâts & leurresAppâts naturels frais et odorants : lanières ou poissons entiers (maquereau, sardine, hareng, tacaud, encornet/calmar), morceaux de seiche. La fraîcheur et le côté gras/sanguinolent de l'esche sont déterminants.
Matériel conseilléMatériel puissant : canne de surfcasting renforcée ou canne bateau de 20-50 lb, moulinet robuste à forte contenance, tresse/nylon résistant, bas de ligne en câble acier ou fluorocarbone très gros diamètre (les dents et la peau abrasive du requin coupent les lignes fines), hameçons forts de fer, idéalement circle hooks pour faciliter un relâcher non létal et limiter l'engamage profond. Pince longue, gants et tapis de réception indispensables.

📋 Réglementation

Taille légaleEn pêche de loisir en mer, une taille minimale de capture peut s'appliquer selon les espèces : se référer impérativement à la réglementation nationale et de l'Union européenne en vigueur, qui évolue régulièrement pour les requins et raies. Compte tenu du statut fragile de l'espèce, le relâcher est fortement recommandé quelle que soit la taille.
FermeturePas de période de fermeture classique comme en eau douce, mais des mesures de gestion européennes (TAC, restrictions, voire interdictions de rétention pour certains élasmobranches) peuvent s'appliquer et changer d'une année à l'autre : vérifier la réglementation en cours avant toute conservation.
QuotaUn nombre maximal de captures par pêcheur et par jour peut exister en pêche de loisir : se référer aux quotas nationaux/UE en vigueur. La revente du produit de la pêche de loisir est strictement INTERDITE.
Bonnes pratiquesPour les espèces soumises à taille minimale de capture et conservées en pêche de loisir en mer, un marquage est OBLIGATOIRE dès la capture (ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale). Espèce vulnérable : privilégier le no-kill, manipuler le requin avec des gants, le maintenir hors de l'eau le moins longtemps possible et le relâcher avec soin. Aucune revente autorisée.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Utilisez impérativement un bas de ligne en câble acier ou en très gros fluorocarbone : les dents et la peau râpeuse (denticules dermiques) du hâ sectionnent les lignes fines.
  • Pêchez près du fond, de préférence au crépuscule ou de nuit, avec un appât frais, gras et odorant (maquereau, sardine, calmar) pour exploiter son odorat très développé.
  • Préparez le relâcher AVANT la prise : tapis humide, pince longue, gants, et circle hooks pour décrocher rapidement sans abîmer le poisson.
  • Privilégiez le no-kill : c'est une espèce vulnérable à croissance lente ; manipulez-la avec soin et limitez le temps hors de l'eau.
  • Ne confondez pas le hâ avec l'aiguillat (Squalus acanthias) qui porte, lui, des épines dorsales VENIMEUSES : en cas de doute, manipulez tout petit squale avec prudence et gants.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Employer un bas de ligne nylon fin : il est immédiatement coupé par la dentition et la peau abrasive du requin, ce qui laisse un hameçon dans une espèce fragile.
  • Confondre le hâ avec l'aiguillat (épines dorsales venimeuses) et se piquer en le saisissant à mains nues : toujours manipuler un squale avec gants et précaution.
  • Sortir longtemps le requin de l'eau, le poser sur des rochers ou le traîner sur le sable : cela blesse l'animal et compromet sa survie au relâcher.
  • Vouloir conserver ou revendre la prise : la revente en pêche de loisir est interdite, et le statut vulnérable de l'espèce justifie de relâcher la quasi-totalité des captures.
  • Ignorer le marquage obligatoire (ablation d'une partie de la caudale) si l'on conserve une capture soumise à taille minimale.
🍽️
En cuisine
Historiquement, la chair du hâ (vendue jadis sous le nom de « saumonette » avec d'autres petits requins, après dépouillage) était consommée, ferme et sans arêtes. Toutefois, comme chez beaucoup d'élasmobranches, la chair peut présenter une odeur ammoniaquée si elle n'est pas saignée et refroidie immédiatement, et ces requins accumulent métaux lourds (mercure) et polluants : une consommation limitée est recommandée. Compte tenu du statut vulnérable de l'espèce et de l'interdiction de revente en pêche de loisir, le relâcher reste de loin la meilleure pratique plutôt que la consommation.
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