Fishera
Calamar Commun
Calamar Commun (Loligo Vulgaris)

Calamar Commun

Loligo Vulgaris
🌊 Mer / océan

L'éclair des quais à la nuit tombée : le roi de la turlutte d'automne

  • Taille : 15-25 cm (manteau)
  • Record : jusqu'à ~40 cm de manteau
  • Poids max : 0,1 à 0,5 kg en moyenne
  • Régime : Prédateur (carnivore)
  • Difficulté : Moyenne
  • Longévité : 1 à 2 ans
  • Maturité : quelques mois (cycle court)

🐟 Biologie & identification

Le calamar commun ou encornet (Loligo vulgaris) est un céphalopode décapode de la famille des Loliginidés. Contrairement à la seiche, c'est un nageur pélagique au corps allongé, fuselé et hydrodynamique, doté d'une coquille interne cornée et flexible appelée plume (gladius), et non d'un os calcaire. Présent sur les trois façades françaises, il est l'une des cibles phares de la pêche de loisir aux céphalopodes, du bord comme en bateau, notamment à la turlutte. Sa chair fine et son comportement de chasse en font une espèce très recherchée, surtout en automne et en hiver.

IdentificationCorps (manteau) allongé en cylindre effilé, terminé par deux grandes nageoires triangulaires rhomboïdales occupant environ les deux tiers postérieurs du manteau, lui donnant une silhouette en fer de lance. Dix appendices : huit bras courts et deux longs tentacules préhensiles rétractiles munis de ventouses à anneaux dentelés. Coloration translucide rosée à brun-rouge piquetée de chromatophores changeants, capable de virer au blanc nacré. À ne pas confondre avec la seiche (corps ovale, os calcaire, nageoires bordant tout le manteau), avec le calmar veiné (Loligo forbesii) ni avec les toutenons/encornets rouges (Todarodes sagittatus, Illex), dont les nageoires plus courtes forment un losange terminal.
HabitatEspèce néritique des eaux côtières et du plateau continental, fréquentant surtout les fonds compris entre quelques mètres et environ 100-200 m, plus rarement jusqu'aux abords du talus (jusqu'à ~250-300 m). Affectionne les fonds sableux, sablo-vaseux et les abords des herbiers. Effectue des migrations saisonnières et nycthémérales : il se rapproche du bord et remonte vers la surface la nuit, redescendant le jour. Présent sur toutes les façades : Manche, Atlantique/golfe de Gascogne et Méditerranée, avec des concentrations côtières marquées à l'automne et en début d'hiver.
Répartition en FranceAtlantique Est, de la mer du Nord à l'Afrique de l'Ouest, et toute la Méditerranée. En France : Manche (côtes normandes et bretonnes), façade atlantique (Bretagne sud, Vendée, golfe de Gascogne) et Méditerranée (golfe du Lion, côtes provençales et corses), où la pêche à la turlutte du bord est très populaire.
ComportementPrédateur grégaire et vif, vivant souvent en bancs lâches. Nage par ondulation des nageoires et par propulsion à réaction en expulsant l'eau par le siphon, pouvant se déplacer en marche arrière à grande vitesse. Chasse surtout à la tombée du jour et la nuit, attiré par les zones éclairées (lampadaires de quai, halos lumineux) où se concentrent les petits poissons. Émet un nuage d'encre pour fuir. Communique et se camoufle par changements rapides de couleur et de motifs via ses chromatophores.
AlimentationCarnivore actif. Capture ses proies en projetant ses deux longs tentacules, puis les maintient avec les huit bras avant de les déchiqueter avec son bec corné. Se nourrit principalement de petits poissons (sardines, anchois, sprats, jeunes mulets), de crustacés et d'autres céphalopodes, y compris par cannibalisme. Les juvéniles consomment du zooplancton et de petits crustacés.
ReproductionEspèce à cycle de vie court (semelpare ou quasi). La reproduction s'étale principalement de la fin de l'hiver au printemps et au début de l'été, parfois en plusieurs vagues selon les zones et la température. Les femelles pondent des grappes de capsules gélatineuses blanchâtres (« raisins de mer ») fixées sur le fond, des objets immergés ou des casiers, contenant chacune de nombreux œufs. Après la ponte, les adultes meurent généralement dans l'année.
Croissance & maturitéCroissance très rapide et durée de vie courte, de l'ordre de 1 à 2 ans. Les individus atteignent la taille commerciale et reproductrice en quelques mois. La température de l'eau influence fortement le rythme de croissance et le calendrier de reproduction, d'où des variations importantes d'abondance d'une année à l'autre.

🎣 Où & comment le pêcher

Turlutte (eging) du bord
Technique reine pour le calamar, parfaitement adaptée à ce céphalopode actif. On lance une turlutte (calmar artificiel lesté, hérissé d'une ou deux couronnes d'aiguilles relevées, non barbelées) depuis une jetée, un quai ou un enrochement, puis on anime en dents de scie : tirées sèches vers le haut suivies d'une descente contrôlée sur bannière semi-tendue. Les touches se manifestent par un poids subtil ou une bannière qui se tend à la descente ; ferrage en douceur, le calamar étant fragilement piqué.
Turlutte en bateau / dérive
Pêche verticale ou en traîne lente au-dessus des fonds sableux et des concentrations détectées au sondeur. On présente une ou plusieurs turluttes étagées (montage en teaser) que l'on anime par petits coups de scion. Efficace de jour comme à l'aube et au crépuscule.
Pêche de nuit sous lumière
On exploite l'attraction des calamars pour la lumière : pêche près des éclairages de port ou avec une lampe immergée (lorsque c'est autorisé localement) qui concentre plancton et petits poissons, donc les calamars. Animation lente de la turlutte dans le halo lumineux. Très productive à l'automne et en hiver.
Meilleurs postesJetées, môles, quais portuaires éclairés, enrochements et pointes rocheuses donnant sur des fonds sableux ou mixtes. Abords des herbiers, chenaux, bordures de tombants et zones de transition sable/roche. En bateau : petits fonds côtiers et plateau, à proximité des bancs de petits poissons fourrage repérés au sondeur.
Profondeurs & couches d'eauDu bord : quelques mètres à une vingtaine de mètres, le calamar venant chasser près de la côte de nuit. En bateau : couramment de 10 à 50 m, parfois plus profond le jour. Adapter la plombée de la turlutte pour pêcher dans toute la couche d'eau jusqu'au-dessus du fond.
Conditions idéalesEau claire ou légèrement teintée, mer calme à peu agitée. Activité maximale au crépuscule, à l'aube et de nuit, en automne et en hiver. Le calamar n'est pas un coquillage filtreur : il n'est pas concerné par le classement sanitaire des zones de salubrité (qui vise coquillages et fouisseurs), mais la réglementation pêche de loisir (tailles, quotas, zones interdites) s'applique pleinement.
Meilleurs momentsSurtout entre le coucher et le lever du soleil ; les deux heures autour du crépuscule et de l'aube sont les plus prolifiques. Les changements de lumière et les marées de vives-eaux (courant) peuvent déclencher l'activité.
Appâts & leurresSans appât au sens strict : on utilise des turluttes (leurres en forme de crevette/poisson). Certaines turluttes dites « bait » permettent de fixer un morceau de poisson pour renforcer l'attraction olfactive, mais l'attaque est avant tout déclenchée par la silhouette, la couleur et l'animation.
Matériel conseilléCanne eging légère et nerveuse de 2,4 à 2,7 m, action de pointe, puissance 8-25 g environ ; moulinet taille 2500-3000 garni de tresse fine (PE 0,6-1) et d'un bas de ligne fluorocarbone. Turluttes de tailles 1.8 à 3.5 selon la profondeur et la taille des calamars, coloris naturels de jour, plus vifs ou phosphorescents de nuit. Une épuisette et un seau d'eau de mer évitent de décrocher l'animal et de se faire asperger d'encre.

📋 Réglementation

Taille légalePour le calmar du genre Loligo, une taille minimale de débarquement de 10 cm de longueur de manteau s'applique en Méditerranée (réglementation UE), et reste une bonne référence prudente sur les autres façades. À défaut de seuil local explicite, respecter au minimum 10 cm de manteau et se reporter aux arrêtés préfectoraux et de façade en vigueur, qui peuvent évoluer.
FermeturePas de fermeture saisonnière générale nationale connue pour le calamar en pêche de loisir, mais des mesures locales (encadrement de zones, périodes, restrictions de nuit ou dans les périmètres portuaires) peuvent exister. Se référer aux arrêtés locaux et de façade en vigueur avant de pêcher.
QuotaDes quotas journaliers par pêcheur de loisir peuvent s'appliquer selon les arrêtés locaux/de façade : vérifier la réglementation avant la sortie. Le marquage des captures soumises à taille minimale (ablation d'une partie de la nageoire caudale) concerne les poissons et non le calamar, mais la revente reste strictement interdite en pêche de loisir.
Bonnes pratiquesLa vente du produit de la pêche de loisir est strictement interdite. Respecter les tailles minimales et quotas journaliers fixés par les arrêtés de façade/préfectoraux, qui peuvent évoluer. N'utiliser que des engins autorisés en loisir (turlutte/ligne). Ne prélever que ce que l'on consomme et relâcher avec soin les très petits individus. Vérifier la réglementation locale (certains quais ou périmètres portuaires interdisent la pêche). Sécurité avant tout : consulter les horaires et coefficients de marée, l'état de la mer et la météo avant chaque sortie, surtout de nuit sur des enrochements ou jetées glissants. Le calamar n'étant pas un coquillage, le classement des zones de salubrité ne s'applique pas, mais on reste vigilant sur la fraîcheur et la conservation des prises.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Privilégier les sorties au crépuscule, à l'aube et de nuit, en automne et en hiver : c'est de loin la meilleure période et les meilleurs créneaux pour le calamar.
  • Pêcher près des sources de lumière autorisées (lampadaires de quai, lampe immergée si permise localement), qui concentrent le plancton et les petits poissons, donc les calamars.
  • Animer la turlutte en dents de scie et surveiller la descente : la touche est souvent un simple alourdissement ou une bannière qui se tend ; ferrer en douceur car l'animal est fragilement piqué.
  • Adapter taille et coloris de turlutte : coloris naturels et discrets par eau claire et de jour, modèles vifs ou phosphorescents de nuit.
  • Sécurité marée et bord de mer : vérifier horaires et coefficients de marée, l'état de la mer et la météo avant toute sortie du bord, surtout de nuit sur enrochements et jetées glissantes (chaussures antidérapantes, lampe frontale, gilet de sauvetage, ne jamais pêcher seul de nuit et prévenir un proche).
  • Manipuler le calamar au-dessus de l'eau ou d'un seau : il projette de l'encre ; prévoir un seau d'eau de mer et conserver les prises au frais (glace) rapidement.
  • Vérifier la réglementation locale avant de partir : taille minimale (au moins 10 cm de manteau), quotas journaliers éventuels et zones/périmètres portuaires interdits à la pêche.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Animer trop brutalement ou ferrer trop fort : le calamar est mal accroché par les aiguilles non barbelées et se décroche facilement.
  • Pêcher en pleine journée par grand soleil et eau agitée en négligeant les créneaux crépusculaires et nocturnes, bien plus productifs.
  • Négliger la sécurité sur les jetées et enrochements de nuit : rochers glissants, vagues et marée montante exposent à des chutes et des noyades ; ne jamais sous-estimer la marée.
  • Ignorer la réglementation locale : taille minimale (au moins 10 cm de manteau), quotas journaliers et interdictions de pêche dans certains périmètres portuaires varient selon les façades et les arrêtés.
  • Conserver le calamar à temperature ambiante : faute de glace ou d'eau de mer fraîche, sa chair se dégrade vite ; le rafraîchir et le nettoyer rapidement.
🍽️
En cuisine
Chair fine, ferme et délicate, très appréciée. Les petits encornets se cuisinent entiers (a la plancha, frits en beignets/calamars frits, ou farcis), les plus gros se découpent en anneaux ou en lamelles. Règle d'or : cuisson très courte et vive (1 à 2 minutes) ou au contraire longue et mijotée (à l'armoricaine, à la tomate, à l'encre) ; une cuisson intermédiaire les rend caoutchouteux. Nettoyer en retirant la plume cornée, le bec, les yeux et la poche d'encre (que l'on peut conserver pour le riz ou les pâtes à l'encre). Excellents grillés avec ail, persil et huile d'olive, ou en accompagnement d'un riz méditerranéen.
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