Fishera
Petite Roussette
Petite Roussette (Scyliorhinus Canicula)

Petite Roussette

Scyliorhinus Canicula
🌊 Mer / océan

Le petit requin tacheté des fonds meubles, hôte commun de nos côtes atlantiques, de la Manche et de Méditerranée

  • Taille : 40-70 cm
  • Record : ~1 m (exceptionnel en Europe)
  • Poids max : 0,5-1,5 kg
  • Régime : Carnivore benthique
  • Difficulté : Facile
  • Longévité : 10-12 ans
  • Maturité : 5-6 ans (~55-60 cm)

🐟 Biologie & identification

La petite roussette (Scyliorhinus canicula) est un petit requin démersal de la famille des Scyliorhinidae, parmi les requins les plus communs et abondants des côtes françaises. Inoffensive pour l'homme, elle est souvent la première capture de requin d'un jeune pêcheur. Son corps fuselé brun-beige est parsemé de nombreuses petites taches sombres, d'où son nom anglais de 'small-spotted catshark'. C'est une espèce robuste et opportuniste, réputée résistante hors de l'eau, ce qui facilite la remise à l'eau.

IdentificationCorps mince et allongé, peau rugueuse (denticules cutanés) de couleur sable à brun-gris, couverte de NOMBREUSES PETITES taches brun foncé et de quelques points clairs. Deux nageoires dorsales placées en arrière du corps, la première à l'aplomb ou en arrière de l'origine des nageoires pelviennes. NE PAS CONFONDRE avec la grande roussette (Scyliorhinus stellaris) : celle-ci porte des taches plus GROSSES et moins nombreuses, atteint 1,3-1,6 m, et ses replis nasaux antérieurs ne rejoignent pas la bouche. Chez la petite roussette, ces replis nasaux antérieurs sont larges et atteignent presque la bouche. La petite roussette reste nettement plus petite.
HabitatEspèce benthique vivant sur les fonds meubles : sable, vase, gravier et fonds mixtes. On la rencontre surtout entre une dizaine et une centaine de mètres de profondeur, mais elle peut descendre exceptionnellement à plusieurs centaines de mètres. Très tolérante, elle fréquente aussi bien les petits fonds côtiers accessibles au pêcheur de loisir que le large. Souvent présente près des roches et des herbiers en bordure de zones sableuses. Plutôt active la nuit, elle se repose le jour posée sur le fond, parfois en groupes.
Répartition en FranceTrès commune sur l'ensemble des côtes françaises : Manche / mer du Nord, Atlantique / golfe de Gascogne ET Méditerranée. C'est l'un des élasmobranches les plus abondants de l'Atlantique Nord-Est et de la Méditerranée. Présente du sud de la Scandinavie jusqu'au Sénégal, ainsi qu'en Méditerranée. Aucune façade maritime française n'en est dépourvue.
ComportementPoisson grégaire et à dominante nocturne. Se déplace lentement au ras du fond à la recherche de proies qu'elle détecte grâce à son odorat et aux ampoules de Lorenzini (électroréception). Hors de l'eau, elle se contorsionne et a la particularité de s'enrouler en anneau autour de la main ou du poignet de celui qui la manipule, sans danger. Espèce considérée comme résistante, qui supporte assez bien une manipulation rapide et soigneuse avant remise à l'eau.
AlimentationCarnivore opportuniste benthique. Se nourrit de petits crustacés (crabes, crevettes, bernard-l'ermite), de mollusques (seiches, calmars, coquillages), de vers marins (annélides), d'échinodermes et de petits poissons. Elle consomme volontiers des proies mortes, ce qui explique son attirance pour les appâts naturels odorants.
ReproductionEspèce ovipare. La femelle pond, principalement de la fin de l'hiver au printemps et en été, des capsules cornées rectangulaires brunâtres (les 'bourses de sirène' / mermaid's purses) munies de longues vrilles aux quatre coins, qu'elle enroule autour d'algues, de gorgones ou de structures du fond. Une femelle pond plusieurs dizaines d'œufs par an, généralement par paires. L'incubation dure environ 5 à 11 mois selon la température. Le jeune éclot entièrement formé, mesurant environ 9-10 cm.
Croissance & maturitéCroissance lente, typique des élasmobranches. Maturité sexuelle atteinte vers 5-6 ans, autour de 55-60 cm. Longévité estimée à une douzaine d'années. Taille adulte courante de 40 à 70 cm ; les plus grands individus avoisinent 1 m, exceptionnellement davantage. La croissance lente et la maturité tardive rendent l'espèce sensible à la surpêche malgré son abondance actuelle, ce qui plaide pour une pêche raisonnée.

🎣 Où & comment le pêcher

Surfcasting
Technique de choix pour la roussette depuis la plage, surtout de nuit. Montages à empiles (1 à 3 hameçons) lestés d'un plomb grappin pour tenir le fond. La roussette mord franchement sur appât naturel posé sur le sable.
Pêche au posé du bord (digue, port, estran)
Canne puissante, montage plombé type paternoster posé sur le fond mixte sable/roche. Très efficace à la tombée de la nuit.
Pêche à soutenir en bateau
Sur les fonds de sable et de vase, montage plombé descendu au fond avec bas de ligne et hameçon garni d'appât naturel. Méthode classique en dérive lente ou à l'ancre.
Palangrotte / ligne de fond du bord
Sur le fond, ligne garnie de quelques hameçons appâtés. La roussette y est une prise très fréquente, parfois jugée indésirable car elle 'mange' les appâts destinés à d'autres espèces. NB : la palangre est un engin dont l'usage en pêche de loisir est réglementé voire interdit selon les façades ; se référer à la réglementation locale.
Meilleurs postesFonds de sable et de vase à proximité de zones rocheuses ou d'herbiers, abords des plages, bordures de chenaux et de fosses, alentours des ports et digues. Sur tout le littoral : Manche, Atlantique/Gascogne et Méditerranée. Privilégier les transitions sable/roche où elle vient chasser.
Profondeurs & couches d'eauDu bord à quelques mètres en surfcasting, jusqu'à environ 50-100 m en bateau pour le pêcheur de loisir. L'espèce occupe une large gamme de profondeurs (parfois bien plus profond), mais reste surtout accessible sur les petits fonds côtiers la nuit.
Conditions idéalesMord mieux de nuit ou par faible luminosité (ciel couvert, eau légèrement teintée). Présente toute l'année, avec souvent une activité accrue à l'automne et en hiver sur les côtes atlantiques. Une mer légèrement agitée et brassée, en surfcasting, concentre la nourriture et favorise les touches.
Meilleurs momentsEssentiellement nocturne. Les meilleures touches se font de la tombée de la nuit jusqu'à l'aube. Pêche possible de jour mais nettement moins productive. Les changements de marée (montante, étale, début de descendante) sont des moments favorables.
Appâts & leurresAppâts naturels odorants : lançon, sardine et maquereau en lamelles, encornet (calmar), arénicole et autres vers de mer, morceaux de crabe ou de crevette. Plus l'appât est odorant, plus il attire la roussette qui chasse à l'odorat. Peu sensible aux leurres artificiels.
Matériel conseilléCanne de surfcasting ou canne à fond de 3,5 à 4,5 m (bord), ou canne bateau de puissance moyenne. Moulinet garni de tresse ou de nylon, corps de ligne 25-35/100. Bas de ligne fluorocarbone 40-60/100 (la peau râpeuse et les petites dents peuvent abîmer un fil fin). Hameçons solides n°1 à 1/0 adaptés à sa petite bouche. Plombs grappin (80-150 g) en surfcasting selon le courant. Une pince longue est utile pour le décrochage.

📋 Réglementation

Taille légaleUne taille minimale de capture peut s'appliquer selon les zones (souvent évoquée autour de la quarantaine de centimètres dans certaines réglementations). Aucune valeur n'étant universelle et stable, se référer impérativement à la réglementation en vigueur et aux éventuels arrêtés préfectoraux maritimes locaux avant de conserver une capture.
FermetureEn mer, il n'existe pas de période de fermeture générale comme en eau douce, et aucune fermeture spécifique connue pour la petite roussette. Toutefois certaines raies et certains requins font l'objet d'interdictions ou de restrictions (espèces protégées) : vérifier que l'espèce capturée n'est pas protégée avant de la conserver. Rappel : le thon rouge est une espèce très encadrée, dont la capture en pêche de loisir est soumise à autorisation, bague et déclaration obligatoires.
QuotaPas de quota journalier spécifique largement établi pour cette espèce en pêche de loisir. Se reporter à la réglementation en vigueur, qui peut prévoir des limites de capture par pêcheur et par jour.
Bonnes pratiquesMarquage obligatoire des captures soumises à taille minimale en pêche de loisir : ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale, dès la capture conservée. Revente strictement interdite (la pêche de loisir ne donne droit à aucune commercialisation). No-kill recommandé : espèce considérée comme résistante, qui se relâche généralement bien. Croissance lente et maturité tardive : pratiquer une pêche raisonnée. Lors des sessions de fond, attention aux espèces venimeuses fréquentes sur les mêmes postes (vive, rascasse) : ne jamais les saisir à mains nues, manipuler avec précaution et décrocher à la pince.
⚠︎ La réglementation varie selon le département, la catégorie du cours d'eau et l'année. Informations indicatives — vérifie toujours l'arrêté préfectoral, ton AAPPMA ou la réglementation maritime avant de pêcher.

💡 Conseils de pro & cuisine

  • Pêchez de nuit avec un appât bien odorant (lançon, sardine, encornet) posé sur le fond : c'est la combinaison la plus efficace.
  • Utilisez un bas de ligne renforcé (fluoro 40-60/100) : la peau râpeuse, comme du papier de verre, use et finit par couper les fils trop fins.
  • Pour la décrocher, saisissez-la fermement derrière la tête à l'aide d'un chiffon ; elle a le réflexe de s'enrouler autour de votre bras ou de votre poignet, sans danger.
  • Privilégiez le no-kill : la roussette se relâche généralement bien et sa croissance est lente ; remettez à l'eau rapidement et délicatement.
  • Une pince à long bec et un chiffon facilitent la manipulation et le décrochage sans s'érafler les mains sur les denticules.
  • Sur les mêmes fonds, méfiez-vous des espèces venimeuses (vive, rascasse) : ne les touchez jamais à mains nues.
⚠︎ Erreurs à éviter
  • Confondre la petite roussette (petites taches nombreuses, taille modeste) avec la grande roussette (Scyliorhinus stellaris : taches plus grosses et moins nombreuses, jusqu'à ~1,5 m) : observez la taille et les taches.
  • Manipuler le poisson à mains nues sans précaution : sa peau couverte de denticules est très abrasive et peut érafler la peau comme du papier de verre.
  • Utiliser un fil de bas de ligne trop fin : la peau rugueuse et les petites dents finissent par le scier.
  • Croire que la roussette n'a aucune valeur culinaire : elle se consomme très bien (vendue sous le nom de 'saumonette' une fois préparée).
  • Conserver systématiquement les prises : compte tenu de la croissance lente de l'espèce, abuser des prélèvements est néfaste ; préférez la remise à l'eau.
  • Oublier de marquer (ablation du bas de la caudale) une capture conservée soumise à taille minimale, comme l'exige la réglementation de la pêche de loisir.
🍽️
En cuisine
La petite roussette est tout à fait comestible et appréciée : une fois dépouillée (la peau râpeuse s'enlève en l'incisant puis en la tirant) et étêtée, elle est commercialisée sous le nom de 'saumonette'. Sa chair rosée est sans arêtes (squelette cartilagineux), ferme et facile à cuisiner. Classique en sauce (saumonette à la tomate, sauce blanche, au curry) ou simplement poêlée. Important : la consommer fraîche et la vider/saigner rapidement après la capture, car comme beaucoup d'élasmobranches sa chair peut dégager une odeur d'ammoniaque si elle n'est pas traitée rapidement.
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