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Pêcher dans le Gâtinais

La plupart des pays de ce guide se pêchent en étang. Le Gâtinais, lui, se pêche en long. Tout y est organisé par une vallée, celle du Loing, que doublent deux canaux et que ponctuent des gravières. Ajoutez une ligne de train qui descend de Paris et vous obtenez l'un des rares pays de pêche où l'on arrive depuis Paris sans voiture.

Mis à jour en octobre 2026 · Par Arthur Fourets · données Fishera

Un vieux pont de pierre en arches sur une rivière de plaine, au pied d'une petite ville à clocher, dans la brume de l'aube
Ici tout suit une vallée, celle du Loing, que doublent deux canaux.
Ce qu'il faut retenir
  • 292 spots recensés sur quatre départements
  • Une part du total se trouve en Essonne, au-delà du cœur du pays
  • Pays d'eau courante et de canaux, pas d'étangs
  • Loing, canal du Loing, canal de Briare, gravières de vallée
  • À une heure de Paris, accessible en train
Vidéo YouTube · 1 min 28

Une vallée tient tout le pays

Le Gâtinais n'a pas de centre géologique spectaculaire, pas de plateau d'argile ni de socle granitique. Ce qui le tient ensemble, c'est un axe : le Loing, qui descend de la Puisaye vers la Seine et qui a servi, siècle après siècle, de couloir de circulation entre Paris et la Loire. Le pays s'est construit autour de ce couloir, et sa pêche aussi.

Le nom vient de « gâtine », terre gâtée, pauvre : un jugement agricole ancien qui a laissé sa trace jusque dans le découpage officiel, où l'on distingue encore un Gâtinais pauvre et un Gâtinais riche selon la qualité des limons. Cette pauvreté relative des sols a eu un effet secondaire heureux : on y a moins bâti, moins drainé, et les fonds de vallée sont restés humides.

Le pays se partage entre le Loiret, la Seine-et-Marne, l'Yonne et l'Essonne, avec le rattachement statistique à l'Île-de-France pour sa partie nord. Sur ce point, le compte demande une précision honnête : les 292 spots recensés incluent une portion située en Essonne, à la limite nord-ouest, que beaucoup de pêcheurs rattacheraient plutôt au pays de Bière et à Fontainebleau. Le chiffre couvre donc un Gâtinais entendu au sens large, et non le seul Gâtinais orléanais.

Concrètement, cette dispersion administrative pèse peu, parce que l'essentiel de la pêche se fait sur des eaux linéaires bien identifiées, dont les gestionnaires sont faciles à retrouver.

Les 292 spots recensés dans le Gâtinais, alignés pour l'essentiel le long de la vallée du Loing et de ses canaux. Périmètre : une liste de communes, faute de petite région agricole à ce nom.

Voir les 292 spots sur la carte

Une rivière, deux canaux, des gravières

Le Loing est le milieu principal. Rivière de plaine de gabarit moyen, alternant plats, seuils et petites fosses, il porte un peuplement complet d'eaux calmes à courantes : brochet, sandre, perche, chevesne, gardon, brème, carpe. Ses affluents, le Fusain, le Betz, la Cléry, le Lunain, l'Ouanne, forment un réseau de petites eaux beaucoup plus confidentielles, souvent boisées, où l'on prospecte à pied plutôt qu'on ne s'installe.

Les canaux doublent la rivière presque partout. Le canal du Loing au nord, le canal de Briare au sud, se rejoignent dans le secteur de Montargis, surnommée à juste titre la ville aux canaux. Ces eaux lentes et régulières sont le filet de sécurité du pays : elles restent pêchables quand la rivière est haute et teintée, elles offrent un chemin de halage continu, et elles concentrent un poisson blanc abondant que suivent les carnassiers.

Une gravière inondée au petit matin, rives de galets clairs, roseaux et jeunes saules, peupliers éclairés sur la rive d'en face
Les gravières de la vallée donnent les eaux les plus profondes et les plus stables du secteur, là où elles sont ouvertes.

Troisième milieu, moins évident : les gravières. L'exploitation des alluvions de la vallée du Loing a laissé des plans d'eau profonds, aux berges nettes, dont le comportement thermique et la clarté n'ont rien à voir avec la rivière voisine. Là où elles sont gérées et ouvertes, elles fournissent les eaux les plus profondes et les plus stables du secteur.

Enfin, la vallée de l'Essonne, au nord-ouest, ajoute un système de fonds de vallée marécageux et de rivières lentes qui appartient encore au pays sans lui ressembler tout à fait.

Le train, le halage, la rivière

Une écluse ancienne et sa maison éclusière au crépuscule, le long d'un chemin de halage bordé de platanes
Les canaux restent pêchables quand le Loing est haut et teinté, avec un halage continu pour marcher.

Montargis est le point de convergence évident : la ville tient à la fois le Loing, le canal de Briare et le canal du Loing, avec des berges urbaines aménagées et une gare. C'est le meilleur endroit pour une journée sans voiture, et l'un des rares où l'on peut pêcher trois milieux différents en marchant.

Vers l'amont, Châlette, Cepoy et Ferrières-en-Gâtinais donnent accès à la vallée dans sa partie la plus calme. Vers l'aval, Souppes-sur-Loing, Château-Landon et Nemours ouvrent le tronçon seine-et-marnais, avec ses gravières et un Loing qui prend de la largeur avant de rejoindre la Seine.

Depuis Paris, le Gâtinais est la sortie de pêche la plus simple à organiser : une heure de train ou de route, et l'on est sur le halage. C'est aussi ce qui explique la fréquentation du secteur les week-ends de belle saison, et l'intérêt de viser l'amont, plus discret, quand on cherche le calme.

À l'ouest, Orléans est la porte d'entrée par le canal d'Orléans et par le Loiret ; à l'est, les confins de l'Yonne raccrochent le Gâtinais à la Puisaye et à des eaux nettement plus petites.

Le calendrier d'une vallée navigable

Le Gâtinais a une particularité que les pays d'étangs ignorent : ses canaux sont entretenus. Des chômages, périodes d'arrêt de navigation avec baisse ou vidange partielle du bief, sont programmés hors saison touristique, généralement en fin d'automne et en hiver. Un bief abaissé change complètement la pêche : moins d'eau, poisson concentré, accès parfois restreint le temps des travaux. C'est une information à chercher avant de partir, et elle est publique.

Le Loing, lui, réagit comme une rivière de plaine à bassin argileux : il monte franchement après les pluies d'hiver et se teinte, puis se stabilise au printemps. Les périodes de crue sont précisément celles où le canal prend tout son intérêt, à quelques dizaines de mètres de là.

L'été inverse les rôles. La rivière descend, s'éclaircit, laisse voir ses seuils et se pêche très bien à vue sur le chevesne et la perche, tandis que les canaux, chauffés et fréquentés par la navigation de plaisance, deviennent plus capricieux en journée. Les gravières, plus profondes, tiennent mieux la chaleur et prennent le relais.

L'automne reste la meilleure fenêtre générale : le trafic fluvial se calme, l'eau se rafraîchit, les carnassiers redeviennent actifs sur les trois milieux à la fois.

Quatre départements, un axe unique

Sur le papier, un pays réparti sur quatre départements devrait être un casse-tête. En pratique, la plupart des sorties se font sur un tronçon donné du Loing ou d'un canal, dont on identifie facilement le département et l'AAPPMA gestionnaire. La carte départementale correspondante suffit alors, et les accords de réciprocité entre fédérations élargissent la couverture pour qui remonte la vallée. Le guide de la carte de pêche détaille les formules à la journée, utiles pour un aller-retour depuis Paris.

Deux points spécifiques méritent attention. D'abord, la pêche depuis un chemin de halage se fait sur un domaine dédié à la navigation : le passage doit rester libre, certains ouvrages, écluses, barrages, prises d'eau, sont interdits d'approche, et les périodes de travaux peuvent fermer temporairement des sections. Ensuite, les gravières sont très souvent privées ou encore en exploitation, avec des interdictions d'accès qui relèvent de la sécurité et non du droit de pêche.

Le reste, dates comprises, dépend de l'arrêté préfectoral annuel de chaque département traversé. Sur une vallée qui change de département deux fois en quarante kilomètres, cela vaut la peine d'être vérifié pour le tronçon exact où l'on compte s'installer.

Suivre la vallée sans penser aux préfectures : Le Gâtinais se pêche par tronçons, et les tronçons changent de département. Sur Fishera, la carte affiche les 292 spots du pays d'un seul tenant : vous choisissez un secteur du Loing ou d'un canal, vous vérifiez les conditions du jour, et vous savez avant de partir dans quel département vous mettez les pieds.

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Questions fréquentes

Combien de spots sont recensés dans le Gâtinais ?

292 spots. Une part d'entre eux se situe en Essonne, à la marge nord-ouest du pays, dans un secteur que certains pêcheurs rattacheraient plutôt au pays de Bière. Le total correspond donc à un Gâtinais compris au sens large.

Peut-on pêcher dans le Gâtinais sans voiture ?

Oui, et c'est l'un de ses atouts. Montargis réunit le Loing et deux canaux à proximité immédiate de la gare, et plusieurs communes de la vallée sont desservies depuis Paris. Le chemin de halage fournit un accès continu à pied.

Quelle différence entre le Loing et ses canaux ?

Le Loing est une rivière de plaine : courant, seuils, niveaux variables, eau qui se teinte en hiver. Les canaux du Loing et de Briare sont des eaux lentes, de largeur constante, plus stables et pêchables presque toute l'année depuis le halage. On passe de l'un à l'autre en quelques minutes.

Qu'est-ce qu'un chômage de canal et pourquoi cela concerne un pêcheur ?

C'est un arrêt programmé de la navigation, souvent accompagné d'un abaissement du niveau du bief, pour effectuer des travaux. Le poisson se concentre, l'accès peut être restreint et la configuration change. Les dates sont publiées à l'avance par le gestionnaire de la voie d'eau.

Les gravières de la vallée du Loing sont-elles accessibles ?

Certaines seulement. Beaucoup sont privées ou toujours en exploitation, avec interdiction d'accès pour raisons de sécurité. Les autres, confiées à une association, offrent les eaux les plus profondes et les plus claires du secteur.

Le Gâtinais est-il un pays d'étangs ?

Non, et c'est ce qui le distingue de ses voisins de Sologne ou de Puisaye. Ici, l'eau est linéaire : une rivière, ses affluents, deux canaux et des gravières de vallée. Les grands chapelets d'étangs commencent plus au sud et plus à l'est.

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Peu de pays de pêche se prêtent à une sortie improvisée après le travail. Le Gâtinais si, grâce à ses canaux et à sa desserte. Prenez le halage à Montargis ou à Nemours pour découvrir, puis remontez la vallée vers l'amont et ses affluents quand l'envie de plus discret arrivera.

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Arthur FouretsFondateur de Fishera

Il a rassemblé les 43 559 spots de pêche de France métropolitaine dans une seule carte, et écrit les guides qui vont avec.

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