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Pêcher en Puisaye

En Puisaye, la terre a d'abord servi à faire des pots. Saint-Amand, Treigny, Moutiers : des générations de potiers ont vécu de cette argile grasse qui affleure partout. La même matière explique la pêche du pays, parce qu'une argile qui tient l'eau dans une jarre la tient aussi dans un fond de vallon.

Mis à jour en septembre 2026 · Par Arthur Fourets

Ce qu'il faut retenir
  • 332 spots recensés, dont une frange déjà comptée côté Loiret
  • Trois départements et deux régions administratives
  • Argile à silex : bocage humide, mares, étangs et sources
  • Le Loing et l'Ouanne y prennent leur source
  • Grands réservoirs bâtis pour alimenter le canal de Briare

L'argile des potiers, l'eau des étangs

La Puisaye est un pays d'argile à silex, lourd, humide, difficile à travailler, où l'eau reste en surface au lieu de descendre. Cette caractéristique unique a produit deux économies parallèles : la poterie, qui a fait la réputation de Saint-Amand-en-Puisaye et de Treigny, et l'eau retenue — mares de ferme, fossés pleins, chapelets d'étangs dans chaque vallon.

Là où le calcaire de la Bourgogne voisine boit tout, la Puisaye garde tout. C'est cette différence de sous-sol, et non une frontière historique, qui fait l'unité du pays.

Le paysage suit : un bocage dense, des haies vives, des bois de chênes et de charmes, des chemins creux, très peu de grandes cultures. Colette, qui en est née à Saint-Sauveur, en a laissé une description d'humidité et de verdure que la traversée en voiture confirme encore.

Administrativement, le pays est écartelé. Il se partage entre l'Yonne, la Nièvre et le Loiret, ce qui le met à cheval sur deux régions : la Bourgogne-Franche-Comté pour ses deux tiers orientaux, le Centre-Val de Loire pour sa frange occidentale. Personne, dans aucune de ces capitales, ne considère la Puisaye comme centrale. Les 332 spots recensés couvrent l'ensemble du pays, frange loirétaine comprise, ce qui évite l'erreur classique consistant à traiter chaque morceau départemental comme un secteur à part.

Carte des 332 spots de pêche recensés dans La Puisaye, terre d'argile entre Yonne, Nièvre et Loiret
Les 332 spots recensés en Puisaye, du Loiret à la Nièvre en passant par le sud-ouest de l'Yonne.

Faites glisser le schéma pour l'explorer, ou touchez-le pour l'ouvrir en grand.

Le comptage couvre la totalité du pays, frange loirétaine comprise : il ne s'agit pas d'un chiffre yonnais auquel il faudrait ajouter les voisins.

Des sources, des réservoirs, un canal

La Puisaye est une région de têtes de bassin. Le Loing y naît, l'Ouanne aussi, le Branlin également : ce sont de petites rivières de bocage, ombragées, à faible débit d'été, avec des fonds alternant graviers et argile, des sous-berges creusées et beaucoup de bois dans l'eau. On y pêche en marchant, à vue quand l'eau le permet, sur chevesne, gardon, brochet dans les parties les plus larges, et truite dans les portions les plus fraîches et courantes de l'amont. Le gabarit modeste est la règle : ce sont des rivières à pêcher léger.

Puis il y a les réservoirs, et ils sont la vraie signature du pays. Pour alimenter le canal de Briare en eau, on a construit ici de grands étangs-réservoirs, dont celui du Bourdon, près de Saint-Fargeau, est le plus connu. Ce sont des plans d'eau vastes, à berges dégagées, avec des marnages saisonniers importants puisque leur fonction première est de fournir de l'eau au canal. Carpe, brème, gardon, perche et brochet y trouvent une eau bien plus ouverte que dans les étangs de bocage.

Le canal de Briare lui-même longe la bordure ouest du pays, avec le site des sept écluses de Rogny en repère. Eau lente, largeur constante, chemin de halage praticable : c'est le milieu le plus simple d'accès de toute la Puisaye, et le plus indifférent à la météo.

Restent les innombrables petits étangs privés du bocage, souvent posés en chapelet sur un même ruisseau. Ils font l'essentiel du décor et une bonne part du recensement, mais très peu sont ouverts.

Trois entrées, trois ambiances

Par l'ouest, on arrive depuis Orléans et la vallée de la Loire ; on entre alors par le canal de Briare, Rogny-les-Sept-Écluses et Bléneau, dans la partie la plus plate et la plus facile du pays. C'est l'entrée à privilégier pour une première visite ou pour une journée sans repérage préalable.

Par le centre, Saint-Fargeau commande le réservoir du Bourdon et les étangs qui l'accompagnent : c'est le secteur des grandes surfaces d'eau, celui où l'on vient pour poser un poste plutôt que pour prospecter. Toucy, un peu plus à l'est, ouvre sur l'Ouanne et sur un bocage plus fermé.

Par le sud, depuis la Nièvre, Saint-Amand-en-Puisaye et Saint-Sauveur donnent accès aux têtes de bassin et aux petits étangs de vallon. C'est la Puisaye la plus intime, la plus boisée, et celle qui demande le plus de travail de terrain : la plupart de ses eaux appartiennent à quelqu'un.

Loiret, Nièvre et Yonne

Un pays de niveaux variables

Le trait saisonnier le plus marquant de la Puisaye tient à la fonction de ses grands étangs : ils sont là pour alimenter un canal. Leur niveau baisse quand le canal a soif, c'est-à-dire principalement en été et au début de l'automne, et remonte pendant l'hiver et le printemps. Un pêcheur qui revient sur un poste après quelques mois peut trouver plusieurs mètres de berge découverte, avec tout ce que cela change en distance de pêche et en accès à l'eau.

Les rivières suivent la logique inverse des grands cours d'eau : très réactives, elles montent vite après un orage à cause des sols argileux qui n'absorbent rien, puis retombent aussi vite. En été, elles s'étiolent, se réchauffent et se concentrent dans les fosses ombragées, ce qui les rend fragiles et souvent peu intéressantes à insister.

Le printemps et l'automne restent les deux fenêtres les plus confortables. L'automne a un avantage supplémentaire ici : la végétation de bocage tombe, les berges redeviennent atteignables, et les chemins creux, impraticables en plein été à cause des ronces, se rouvrent. L'hiver, enfin, appartient au canal, qui reste pêchable quand tout le reste est haut ou boueux.

Deux régions, trois fédérations

La carte de pêche étant départementale, une Puisaye traversée d'ouest en est peut faire changer trois fois de régime : Loiret, Yonne, Nièvre. Les accords de réciprocité entre fédérations couvrent une part importante des parcours, mais ils ne sont pas homogènes et ne dispensent jamais de vérifier le cas particulier du parcours visé. Le guide de la carte de pêche explique quelle formule prendre selon que l'on est riverain ou de passage.

Sur les grands réservoirs, une deuxième couche s'ajoute : ce sont des ouvrages gérés pour l'alimentation du canal, avec des règles d'accès et de circulation propres au gestionnaire, parfois des zones interdites autour des ouvrages hydrauliques. Sur le canal lui-même, on pêche depuis le chemin de halage, dans le respect du passage et de la navigation.

Enfin, la Puisaye est un pays de bocage privé. Les étangs de ferme et les chapelets de vallon appartiennent à quelqu'un, souvent à un exploitant agricole, et l'accès se demande. Les conditions annuelles, périodes, tailles, nombres, figurent dans l'arrêté préfectoral de chaque département concerné, et rien ne garantit qu'ils disent la même chose.

Un pays, pas trois bouts de département — L'intérêt de Fishera en Puisaye est simple : la carte ignore la limite entre Yonne, Nièvre et Loiret et vous montre le pays d'un seul tenant. Repérez les grands réservoirs, suivez le canal, identifiez les têtes de bassin, et vérifiez les conditions du jour avant de vous engager sur des chemins de bocage qui ne pardonnent pas la pluie.

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Questions fréquentes

Combien de spots la Puisaye compte-t-elle ?

332 spots y sont recensés. Le comptage porte sur le pays entier, y compris sa frange loirétaine : il ne faut donc pas y ajouter les secteurs voisins, sous peine de compter deux fois les mêmes eaux.

Sur quels départements la Puisaye s'étend-elle ?

Sur trois : l'Yonne, la Nièvre et le Loiret. Elle est donc aussi à cheval sur deux régions administratives, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val de Loire, ce qui n'a aucun effet sur la pêche mais brouille les recherches.

Qu'est-ce qu'un étang-réservoir de Puisaye ?

Un grand plan d'eau construit pour stocker l'eau destinée à alimenter le canal de Briare. Il se distingue des étangs de bocage par sa taille, ses berges dégagées et son marnage : le niveau descend quand le canal consomme, puis remonte à la mauvaise saison.

Le Loing prend-il vraiment sa source en Puisaye ?

Oui, comme l'Ouanne et le Branlin. Le pays est une zone de têtes de bassin : les cours d'eau y naissent au lieu d'y arriver, ce qui explique leur petit gabarit sur place et leur réactivité aux orages.

Faut-il plusieurs cartes pour pêcher toute la Puisaye ?

Potentiellement oui, puisque la carte est départementale et que le pays en traverse trois. Les accords de réciprocité entre fédérations résolvent une grande partie du problème, sans le supprimer : le parcours précis reste à vérifier auprès de la fédération concernée.

Le canal de Briare est-il intéressant à pêcher ?

C'est le milieu le plus accessible du secteur : chemin de halage praticable toute l'année, largeur régulière, eau lente et peuplement de cyprinidés et de carnassiers. Il dépanne quand les rivières sont hautes ou les réservoirs en marnage.

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Ce que l'argile donne, l'argile le reprend

La Puisaye est généreuse en eau et avare en accès : beaucoup de ce qui brille sur la carte est un étang de ferme. La stratégie qui fonctionne consiste à s'appuyer sur les trois milieux publics du pays, le canal, les grands réservoirs, les rivières, et à laisser le bocage venir avec le temps et les rencontres.

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Arthur FouretsFondateur de Fishera

Il a rassemblé les 43 559 spots de pêche de France métropolitaine dans une seule carte, et écrit les guides qui vont avec.